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Imaginez une sorte de jungle urbaine dans laquelle les rues, les jardins, les centres commerciaux sont traversés par une foule solitaire. Non plus des citoyens mais des internautes. Un espace public sillonné par des objets roulants à grande vitesse, fonçant dans des couloirs prévus à cet effet. Un univers où personne ne se parle et où les rencontres n’existent pas. Eh, bien, cette vision que les citadins, effrayés par le tout numérique, ont à l’esprit, n’est pas aussi inhumaine qu’on le pense. Et peut-être-même que le lien social sera plus vif qu’il ne l’est aujourd’hui.

En réalité comme le ,pense Bruno Marzloff, la ville de demain sera plus ouverte aux rencontres. Pour le directeur du Groupe Chronos, la cité sera une plate-forme ouverte d’innovations. « Il y a une profusion actuelle de nouvelles technologies dans la ville. Qu’il s’agisse du très haut débit, de la Google API, de la cartographie en temps réel, tout cela transforme la ville et en fait un laboratoire où s’inventent de nouvelles façons de « naviguer ». La masse d’informations disponibles sur Internet rend encore plus faciles l’organisation de rencontres sur des goûts communs. Les réseaux sociaux communautaires comme Mobir, MySpace, Facebook, Cyworld ou Wallop, contrairement à ce qu’on pourrait croire, poussent à la rencontre. Avec le changement climatique et les initiatives menées pour la sauvegarde de l’environnement, les déplacements dans la ville se trouveront modifiés. Plus de marche à pied, de vélo et de transports en commun. Moins de voitures.

Pour savoir ce que produira l’imbrication du mode physique et du numérique, le plus simple est de demander aux générations plus jeunes comment elles voient leur environnement social futur et qu’est ce qu’elles font pour favoriser les rencontres. C’est ce qu’a fait la Fondation Internet Nouvelle Génération. La FING a demandé à des équipes d’étudiants de présenter des projets de sociabilité, stimulants et créatifs, sur de nouveaux usages de déplacements dans la ville. Le choix s’est porté sur des projets plausibles ayant de fortes chances d’émerger. Pour les concepteurs de cette initiative baptisée « la ville de demain », il y a une profusion actuelle de nouvelles technologies dans la ville. Qu’il s’agisse du très haut débit, de la Google API, de la cartographie en temps réel, tout cela transforme la ville et en fait un laboratoire où s’inventent de nouvelles façons de « naviguer » et de se « rencontrer » .

L’objectif est d’avoir plus de choix dans sa navigation personnelle dans une ville de plus en plus complexe où l’on est en permanence traversé par les informations. Dans le même temps, cette complexité fabrique de la proximité et de la familiarité. Les liens numériques recréent des liens sociaux.

La ville est aussi plus libre et plus durable soulignent les initiateurs du projet. Un des projets, le « trackme », est un terminal dédié qui permet de tisser des rencontres en fonction de ses affinités avec des gens à proximité. Il s’appuie sur des technologies de géolocalisation. Un autre consiste en un terminal dédié qui permet de tisser des rencontres en fonction de ses affinités avec des gens à proximité. Un troisième propose une boite aux lettres numérique de quartier permettant aux passant et aux internautes d’y déposer des fichiers mis à la disposition des gens du quartier.

Avec le projet « HomePage », le promeneur, de la même façon qu’il prend une photo de l’étage d’un immeuble, récolte, avec son téléphone portable, des données (documents, images, vidéos…) sur la vie ou l’activité d’un ou de plusieurs habitants d’un étage de l’immeuble. On peut ainsi s’orienter dans la ville, en fonction de l’intérêt qu’on trouve à tel ou tel habitant mais aussi en fonction d’un système de couleurs qui détermine la tendance sociologique du quartier.

Un autre projet « Ema » consiste en une sorte de baladeur qui permet d’écouter non pas sa musique, mais celle que les autres écoutent. Ainsi se reconstruit pour chacun de ceux qui déambulent une ville dessinée par les ondes sonores, basée sur les goûts musicaux des uns et des autres. Les pratiques de temps libre et de mobilité sont en pleine mutation et les déplacements de plus en plus nombreux.

De nouveaux rythmes urbains liés à l’aménagement du temps de travail, aux horaires décalés, à la réduction du temps de travail, au développement des loisirs et à l’élévation du nombre d’inactifs due au vieillissement de la population.

En conséquence, les déplacements domicile-travail vont diminuer au profit des déplacements de loisirs. L’Observatoire international de prospective régional (OIPR) : indique aussi que le trafic des usagers dans la ville sera de plus en plus aléatoire et zigzaguant. L’activité s’étend de plus en plus le week end, ou tard dans la soirée et dans la nuit.

Les citadins-consommateurs souhaitent avoir accès aux services à tout moment ce qui, en raison de la variété des emplois du temps, conduit à imaginer une ville ouverte 24 heures sur 24. D’une part, la tendance est celle d’un fonctionnement du service en continu, dans la journée, voire la soirée et la nuit, dans la semaine, dans l’année. D’autre part, le caractère diffus des flux exige d’élargir les gammes de solutions pour répondre à des demandes variées.

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Au sujet de Yan de Kerorguen

Ethnologue de formation et ancien rédacteur en chef de La Tribune, Yan de Kerorguen est actuellement rédacteur en chef du site Place-Publique.fr et chroniqueur économique au magazine The Good Life. Il est auteur d’une quinzaine d’ouvrages de prospective citoyenne et co-fondateur de Initiatives Citoyens en Europe (ICE).

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VILLE & URBANISME

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