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Qui est PLACE PUBLIQUE?

Plusieurs lecteurs nous demandent de préciser la nature de l’engagement de Place-Publique, ce que nous faisons volontiers. D’autant plus qu’un site du même nom, lancé en 2018 par Raphaël Glucksmann, vient, sans prévenir, créer la confusion. Rappelons donc que notre histoire, née en 1996, est celle d’un regroupement de journalistes indépendants qui n’a rien à voir avec le parti politique Place Publique, qui s’est lancé récemment dans les Elections européennes 2019 avec le Parti Socialiste. Même si nous partageons en partie  l’inspiration éthique, écologique et citoyenne de ce parti.

Bref, notre engagement est celui d’une association dont la vocation est de faciliter l’échange entre les différents acteurs de la démocratie, de favoriser une réflexion sur les enjeux de la citoyenneté et du futur, du local à l’international, de généraliser la « coproduction » de l’information, mais aussi de susciter chez les lecteurs, l’envie d’agir. En cela notre engagement est politique mais il n’est pas partisan. Les opinions des membres de l’équipe sont diverses et variées. On ne sait pas, au sein de l’association, qui vote pour qui, mais on partage des valeurs communes que traduisent les articles que nous écrivons sur la prospective citoyenne et la solidarité.

La crise que nous traversons impose des visions d’avenir claires. En ces périodes de turbulences économiques, nous avons besoin d’être dehors, de prendre l’air, d’aérer les catégories de pensée, de se rencontrer, de se voir, de s’estimer. Jusqu’aux terrasses de café où l’on refait le monde. Car la phase difficile que nous traversons actuellement est bien plus qu’une crise économique, c’est une crise de civilisation, une crise du temps.

L’engagement de Place-Publique

Fondé en 1996,  avec une double mission de média et d’observatoire citoyen, pionnier de l’internet citoyen depuis la création du site « place-publique.fr », il y a 23 ans, Place Publique s’attache ainsi à révéler l’effervescence des initiatives citoyennes et des débats de société. Pour cela, notre association s’efforce de créer une passerelle entre lecteurs, journalistes, acteurs de terrain et politiques. Elle développe une logique de veille cartographique des nouveaux relais d’influence et des nouveaux canaux de l’intermédiation sur internet (blogs, sites spécialisés, médias, associations de chercheurs, clubs de passionnés..).

L’objectif de Place publique est de repérer ce qui milite en faveur de l’invention du quotidien. Les succès de demain seront le fait d’individus ou de collectifs capables de tirer parti de ces changements, porteurs ou acteurs des changements. Aussi bien, ce sont ces publics qui font avancer l’innovation. C’est cette volonté de qualifier ces « révolutions sociétales » qui fait la particularité du travail que mène Place publique avec la mise en avant de toutes les démarches « positives », de progrès, au service des solidarités. Telle est notre ambition : observer les pratiques citoyennes, donner le goût du futur, détecter les initiatives, rassembler les idées, favoriser les conditions de débat sur des questions clés de société, mettre en évidence les initiatives qui reposent sur la créativité et la recherche.

Les enjeux des années à venir

Nos compétences sont principalement consacrées aux grands enjeux qui marquent notre époque depuis  le début des années 2000.

Par exemple dans le domaine des énergies et de l’environnement. De la plus petite particule jusqu’à l’infiniment grand de l’univers, la ressource énergétique n’a jamais paru aussi riche en « futurs possibles ». Aussi bien la crise de l’énergie actuelle est-elle une opportunité à saisir pour le renouveau industriel. C’est l’occasion de penser l’énergie au pluriel et de décrire les applications mixtes à l’œuvre dans des domaines très variés

La question des mobilités est également au coeur des nouvelles préoccupations sociétales, économiques et environnementales du monde d’aujourd’hui. Conditionnant la façon de “vivre ensemble” au sein des villes et des territoires, elle oblige à repenser tous les paramètres de l’activité des transports et placent tous les opérateurs dans une obligation d’”intelligence collective”, pour trouver/ imaginer de nouvelles réponses au renouveau des transports dans les villes et les territoires.

Avec les progrès de la biologie et l’explosion des nanotechnologies, le débat science/ société prend toute son acuité. En consacrant de nombreux sujets à ces questions, Place Publique est un acteur de ce débat. La création d’un « Observatoire Science/Mediation » est le moteur de cette dynamique. Dans cette perspective, l’évolution de l’internet citoyen et avenir des médias reste un élément central de notre réflexion. quel va être le nouveau rôle des réseaux sociaux pour favoriser un monde d’initiatives et d’échanges ?

De nombreux articles et dossiers sont également consacrés aux difficultés que rencontrent les jeunes générations, fortement marquées par le marasme socio-économique. Qu’il s’agisse de l’emploi, du logement, du déclassement social, par la dévalorisation des diplômes. A cela s’ajoute la dette économique des générations précédentes qu’il faudra payer et les problèmes du réchauffement climatique qu’ils auront à gérer au premier chef.

De même, notre attention portée à la question du vieillissement actif.
Avec l’allongement de la durée de vie, un nouveau regard s’impose sur la question de l’âge. Les seniors deviennent une force économique et forment une véritable chance pour la France ; que ce soit en terme d’emplois, d’engagement solidaire, de tutoring avec la possibilité de développer de nouveaux secteurs économiques.

Enfin, l’un des plus importants défis est celui de la transformation économique. L’économie sociale depuis 20 ans ne cesse de progresser. Est-elle vouée à rester marginalisée comme boite à outil qu’on utilise pour équilibrer les problèmes de cohésion sociale ? ou bien : est-elle appelée à devenir une véritable alternative dans une économie de marché désormais régulée, fondement d’une nouvelle économie durable ?

Un engagement éthique et philosophique

Notre fonction de Média et d’Observatoire trouve dans la réflexion philosophique un prolongement éthique. Il s’agit, au-delà du citoyen de s’intéresser à l’humain et de mettre en évidence ce qui dans les ambiguités de la personne conduit à la déraison. Trois éléments dominants conduisent  notre réflexion.

Le premier est l’égoïsme ontologique qui témoigne de la crise de l’homme au XXIe siècle. Cet égoïsme forcené fausse les conditions de la vie en commun et éloigne l’individu du projet d’être un sujet politique.

Le second est l’ambiguité structurelle dans laquelle se trouve notre époque, nous condamnant à l’ambivalence et à l’incohérence. L’homme est le jouet de ses contradictions au lieu d’en être l’artisan utile, abdiquant par là ses responsabilités. Plusieurs travers caractérisent le monde contemporain qu’entrevoyaient les situationnistes et Guy Debord quand ils parlaient de « la société du spectacle » : le panurgisme, l’infobésité, la cacophonie, la cyberdépendance, les paradoxes, le nihilisme, la post-vérité, la transparence, le bashing, le complotisme, le déficit attentionnel, le burn out, le déclin, la virtualité… De ces tendances, affleurent des traits de comportement délétères que la société de l’internet entretient : perversité, défiance, cynisme, nombrilisme… ces fonctions obscures mènent à la confusion générale, au dérèglement attentionnel.

Enfin notre propos a une visée pratique : trouver le mode de compréhension et d’action qui permet d’y voir plus clair et de s’engager dans la Cité. « La philosophie doit devenir concrète et pratique, sans oublier un instant ses origines »  écrit Karl Jaspers à son amie Hannah Arendt. Aussi bien les trois questions posées par Emmanuel Kant résument l’intention : Que puis-je savoir ? Que dois-je faire ? Que puis-je espérer ? Trois outils nous prêtent main forte  dans cette tache : la raison sensible, la logique du juste et l’éthique. «Dans la vie, rien n’est à craindre, tout est à comprendre. Il est temps à présent de comprendre davantage, afin d’avoir moins peur ».

 

Yan de Kerorguen

Au sujet de Yan de Kerorguen

Ethnologue de formation et ancien rédacteur en chef de La Tribune, Yan de Kerorguen est actuellement rédacteur en chef du site Place-Publique.fr et chroniqueur économique au magazine The Good Life. Il est auteur d’une quinzaine d’ouvrages de prospective citoyenne et co-fondateur de Initiatives Citoyens en Europe (ICE).

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EDITO

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