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La guerre est-elle consubstantielle à la nature humaine, inhérente à l’homme, comme inscrite dans son évolution, dans ses gènes, sa culture, sa raison ? Depuis la fin des grands conflits mondiaux, on serait tenté de répondre : non. L’idéal démocratique a indubitablement marqué des points et permet de cultiver un certain optimisme car les démocraties sont rarement en conflit entre elles. La paix est devenue une habitude mentale. Même si, ici et là, des conflits locaux ravageurs, alimentent la chronique militaire et humanitaire. Après Verdun, la Shoah et Hiroshima, et les traumatismes des deux guerres mondiales du XXème siècle, la guerre mondiale au XXIème siècle semble raisonnablement impensable. Les économistes, eux, sont convaincus que faire la guerre ne rapporte pas grand-chose, à peine quelques morceaux de territoires ici ou là. Quel pays en arme aurait intérêt à engager des hostilités dont le coût risque d’être démesuré par rapport au gain ? « Au désavantage de la guerre, on peut dire : elle rend le vainqueur bête et le vaincu méchant » (Nietzsche. Humain, trop humain. Gallimard. 1988). Mais surtout, la guerre détruit. Il n’y a que des perdants. Ou de piètres gains symboliques, liés à un pipeline, une frontière. Le problème, c’est que les crapules et les imbéciles sont de retour !

La guerre chaude

La mémoire est terriblement ingrate lorsqu’elle nous rappelle surtout le pire et assez peu le meilleur. L’âge « policé » des états modernes qui, tout au long d’un processus de civilisation né à l’âge des Lumières, prend son plein essor au XXème siècle,  a été meurtri par deux guerres de masse auxquelles le système technique mécanisé a fourni des armes d’extermination atroces. C’est là sa honte et son ignominie. C’est là l’offense faite à la dignité humaine. Comme le souligne Sigmund Freud, dans son Moïse et le Monothéisme (Poche. Idées), « le progrès a conclu un pacte avec la barbarie ». De ce point de vue, la modernité n’a rien à envier aux âges sanglants, impulsifs et débridés, des sociétés dites primitives où régnait la violence comme condition de la paix des tribus et des clans. La guerre au temps des croyances pré-modernes était en réalité une finalité de l’être social primitif permettant le don, la réciprocité, les alliances. Mais la fragilité des échanges laissait place à la vengeance.

Les deux guerres mondiales des temps modernes marquent, elles, la violence conquérante totale portant en elle l’impensable, la vengeance totale, la brutalité dévastatrice, la cruauté industrielle, le génocide !

Terrifiant âge moderne et pourtant si intense en sciences et techniques utiles. Tant d’abomination tandis que l’apparition du marché et les progrès du bien-être matériel apportés par l’industrie et l’amélioration du niveau de vie engendrent à ses débuts un climat d’optimisme. Se fabriquent des nouveaux savoirs et se diffusent de nouvelles idées. Avec la modernité, s’impose un  art du nouveau en rupture avec la tradition et l’académisme. Tel est le bon côté de l’ère moderne : l’élan de l’industrie, les avant-gardes, l’art moderne, la consommation de biens et de produits démocratisés et l’établissement de l’individu « aequalis ». Se définissent aussi de nouvelles normes et règles fondées sur l’égalité, la révolution sociale, le travail salarié, la démocratisation de la culture, l’avenir qu’on espère radieux. Pour autant, les traditions demeurent, les hiérarchies persistent et la cruauté guerrière des époques antécédentes perdure. A ce que les analystes de la modernité ont appelé l’empire du vrai et de l’universel, fait suite l’archipel des hypothèses et des possibles : la société douce du post-modernisme.

Le fondu-enchaîné moderne/post-moderne

Apparaissant dans les années 70-80 et influant jusqu’à l’aube des années 2000, le « soft-modernisme » n’est pas une coupure mais un prolongement de la modernité dans laquelle il prend ses racines. La modernité n’a pas encore vu mourir son passé, loin de là. D’ailleurs Jurgen Habermas parle de « projet inachevé » (Préface au discours philosophique de la modernité. Gallimard. 1988). Nous ne sommes pas au rendez-vous de ce qu’aurait pu apporter la connaissance scientifique, la raison de la modernité, l’alliance de l’art et de la technique. De fait, l’histoire moderne et ses mauvais penchants continue de hanter les générations de l’après-guerre.

Avec le post-modernisme, on passe en « fondu-enchaîné » du menu  de la société de classe à la carte de la société d’individus isolés, d’un optimisme structuré à un univers flottant. La société postindustrielle a déconstruit le cadre des espaces communs sans rien reconstruire. Marquée par le scepticisme, la condition post-moderne est sans doute une déception pour ceux qui en ont fait le plaidoyer. Elle révèle un monde désocialisé, un monde de convulsions où les repères bougent sans cesse. Et c’est parfois une bouffée d’air. Les oppositions anciennes (l’ouest et l’est), les clivages traditionnels (la gauche – la droite) se délitent. De nouveaux jalons apparaissent. Mais les traces des anciennes dualités de la modernité, sont encore là.

Critiquant la manière abrupte de la pensée post-moderne à juger négativement la modernité, Habermas évoque « l’entrée dans la clairière anarchiste de la post-modernité, là où tout se défait et où s’affirme le refus des représentations univoques du monde, des visions totalisantes, des dogmes, des imputations de sens. » Mais au juste, d’où vient cette idée de post-modernité ? « La « post-modernité » est un mot flou, souligne le sociologue Michel Maffesoli. Il n’est pas la modernité, mais il n’est pas encore une autre époque. Il est cet entre-deux, riche en crises, le nom temporaire d’une époque ».  Le post-moderne prend ses distances avec la norme. On pénètre ainsi dans un âge du flou qui reconstruit la société moderne sur des bases plus précaires, où le sujet cartésien n’est plus la mesure des choses, où il est difficile de saisir une logique d’ensemble, « où sont mis en procès la hiérarchie des connaissances et des valeurs, les paradigmes et les modèles. » Il n’y a pas de programme clair adossé à des modèles comme c’est le cas chez les tenants de la modernité. Tout semble possible, sans savoir vers quoi nous allons, sans savoir très bien où ni comment. Si la modernité est la société du «ou », la postmodernité est la société du « et » dans laquelle les contraires coexistent. Une définition plus technique évoque la transformation de l’ordre social dominant, l’évolution technologique et la modification des équilibres politiques mondiaux. Le choix offert par le post-modernisme depuis qu’il s’est imposé dans la société, n’est pas sans brouiller les cartes. Les clivages intellectuels ne sont plus aussi nets que ceux de la modernité. Le relativisme prend la main sous la coupe de l’idéal d’autonomie individuelle.  

La condition post-moderne

Ce qui définit la condition post-moderne, selon son principal théoricien, Jean-François Lyotard (La condition post-moderne. Editions de Minuit.1979), c’est la perte de crédibilité des grands récits historiques, la désillusion envers les systèmes idéologiques ou tout autre modèle révolutionnaire porteur d’un avenir collectif gagné par les masses révolutionnaires, par exemple : le communisme ou le fascisme. La post-modernité veut que l’histoire serve de réservoir de mythologies. Dans la béance laissée par les lendemains qui chantent et déchantent, s’est développé le culte de l’urgence, offrant le salut terrestre individuel, grâce à des techniques bricolées reposant sur le sport, le développement personnel, où chacun trouve son bien être dans le stock des croyances de maîtrise de soi. Les citoyens de la société post-moderne trouvent dans la vie privée leur petit bonheur tranquille et individualiste, chargeant l’état de veiller à la sécurité publique. La sensation devient une valeur centrale de la logique individuelle. L’élimination de la souffrance, un combat de tous les jours.

L’attitude post-moderne consiste à jouer de la fragmentation, de la destruction des idoles et même de l’exagération des mythes. S’installe un monde rétro, faisant coexister dans une société douce, des styles tissant une toile en patchwork. Il est interdit d’interdire. Ce monde libéré, émancipé, dresse une large palette de couleurs, consacrant par petites touches, et à sa guise, l’émiettement des identités, l’éclatement du travail, l’emploi temporaire, le bricolage des traditions, la remise en scène des épisodes du passé. «Un nouveau décor se met en place lentement une sorte d’humanité expérimentatrice » écrit Lyotard (Modernes et après. Entretien. Ed. Autrement. 1984). Il prône la pacification de l’ordre social dominant et la modification des équilibres politiques mondiaux. Pour les architectes de ce décor, les solutions binaires fondées sur la dualité sont révolues, comme celles du clivage gauche/droite ou de la polarité est/ouest. Le point d’orgue de ce changement de décor est la chute du mur de Berlin en 1989. Les frontières s’ouvrent à l’est avec des espoirs et des promesses de liberté citoyenne. Mais bien vite, le paysage s’obscurcit avec les poussées de xénophobie nationalistes que connaissent les ex-pays communistes du bloc du Pacte de Varsovie. « Là où se lève l’aube du bien…le sang coule »  écrit l’écrivain russe Vassili Grossmann. La guerre en Yougoslavie, globalement incomprise par l’opinion de la communauté européenne, témoigne de ce changement de curseur. A partir de là commence l’incertitude sur le cours des évènements. On ne sait plus où va le monde.

Aux yeux des post-modernes, le monde est une fable et la guerre une fiction. Se battre et risquer de mourir ne sont pas considérés comme des valeurs. La violence n’a plus de sens social. Quant à l’individu, « c’est du possible» (Lyotard ). Sans cesse des potentiels s’ouvrent et se ferment. A consonance libertaire, le post-modernisme découle historiquement du multiculturalisme tant honni par les identitaires. Cette culture du parodique qu’ont incarné, à leur manière, la beat génération et les yuppies prend racine dans les mouvements sociétaux antiautoritaires et les mouvements d’émancipation des minorités qui commencent dans les années 60, comme par exemple : le mouvement des femmes ou la libération sexuelle. A vrai dire, comme l’indique d’un œil critique, Gilles Lipovetsky, dans L’ère du vide ( op.cit. Gallimard. 1983), une fois passé les folles heures de sa libération,  « l’attitude post-moderne, est moins avide d’émancipation sérieuse que d’animation désinvolte et de personnalisation fantaisiste ». Cette culture déhiérarchise les valeurs et les comportements. Sur le plan du travail, la tendance est à l’activité temporaire, intermittente, fondée sur des relations plus économiques que sociales, plus flexibles et créatives, la culture se confondant avec l’économie et la création avec le numérique. Avec la numérisation, l’intelligence artificielle et les télécoms, l’espace prend le dessus sur le temps et consacre l’imaginaire de la copie. Les artistes de la post-modernité s’adonnent à une critique des hiérarchies traditionnelles en produisant des imitations d’œuvres originales. Bref, l’opposition entre l’œuvre originale et la copie devient obsolète. Evoquant le principe du pastiche à l’architecture, Lyotard parle «d’une sorte de bricolage ».

A la modernité (XVIIe siècle – milieu du XXe siècle), qui reposait sur la foi dans le progrès continu de l’art et des sciences, sur l’universel, le rationalisme, les Lumières, fait suite une post-modernité rompant le progressisme de l’unité des Lumières. Sans être anti-moderne pour autant, elle substitue un nouveau triptyque à celui de l’époque précédente : le réseau, c’est-à-dire le « nous » collectif, fondé sur les plaisirs et passions partagés, plutôt que le « je » de l’individu autonome), et la progressivité (différente du progressisme en ceci qu’elle intègre le passé, l’archaïque, la tradition: elle est un «  enracinement dynamique »). Dans le fond de sauce post-moderne, le vécu prime sur la théorie ; l’expérience sur le rationalisme ; l’appliqué sur le fondamental; le concret sur l’abstraction ; la tribu sur l’individu ; le libéralisme sur l’étatisme ; et les affects sur le contrat.

Oui mais voilà, cette issue baclée vers le post-modernisme, mal préparée, s’est abîmée en cours de route dans un embrouillamini d’options futuristes mal fagotées. La liberté a négligé la vérité. En prônant en accéléré la transformation des ordres dominants, en brisant la hiérarchie des valeurs et des comportements, le tempérament post-moderne a précipité une forme de relativisation des idées, le tout à l’encan et à l’emporte-pièce. En plaçant au cœur de la mécanique l’autonomie, le self care, et l’interchangeabilité des valeurs, le post-modernisme court-circuite l’achèvement de la modernité. Il s’arrange avec ce qui reste de la modernité et ce qui se dessine avec les technologies. Le travail de deuil des grandes guerres passées n’est pas fini. La guerre froide en fut le signe le plus probant.

Par son imaginaire de la révolution, l’époque des sixties tient de la modernité. Elle annonce aussi la période post-moderne, par son côté pacifique, hédoniste, théâtral et ludique. Sont valorisés le dialogue, l’écoute, la participation, la compassion, l’humanisation des conduites. Chacun est différent mais tout se vaut.

On est passé à grande vitesse d’une modernité inachevée à la post-modernité précipitée. La conséquence de tout cela : la promesse post-moderne des possibles a véhiculé des tendances au ressentiment, au pessimisme, au faux semblant, à la post vérité, au scepticisme à l’égard des valeurs héritées des Lumières. Même l’inhumain devient possible. « La société post-moderne, en accentuant l’individualisme en en modifiant la teneur par la logique narcissique, a multiplié les tendances à l’autodestruction, fût-ce en en transformant l’intensité ; l’ère narcissique est plus suicidogène encore que l’ère autoritaire » (Gilles Lipovetsky. L’ère du vide). Et pour finir, la post-modernité a ouvert la porte à l’hypermodernité, à l’avènement d’un individu aux logiques multiples. La violence hypermoderne rompt le cycle, en adoptant un imaginaire « no future », à l’image de toutes les addictions et des violences sans projet. L’hyper, à force de cumuler, alimente le discours de la confusion psychologique, et par extension celui de la guerre.

La dérive de l’hypermodernité

Le mot clé qui caractérise ce programme du futur que voudrait nous livrer la puissance des technologies est le mot « transition ». Au départ rien que de très actuel. Nous suivons le courant « main stream » de la transition numérique, écologique et énergétique. Mais ce passage vers ce qui s’annonçait comme post-moderne a dérivé vers l’extrême, entraîné par la vague de l’hyperconnexion, des smartphones et autres applications des réseaux sociaux. Cette hypermodernité de l’exagération que les anciens grecs appellent « l’hybris » a ainsi phagocyté le projet post-moderne dans ce qu’il a d’excessif et d’emphatique, dans ce qu’il a de déraisonnable, « non plus par enfermement, mais par contrôle continu et communication instantanée » ( Gilles Deleuze, « Post-scriptum sur les sociétés de contrôle », in Pourparlers 1972 – 1990, Les éditions de Minuit. 1990).

Celui qu’on peut désigner d’hypermoderne est celui qui fabrique la société de contrôle dans laquelle il vit. Société de contrôle que le philosophe Toni Negri définit comme l’« Empire » (Edition 10/18), soit un univers technique fondé sur des existences paradoxalement « libérées », dans le corset capitalistique de l’autonomie et de la communication. Du point de vue social, cette émancipation dans le contrôle de la techno et des réseaux a permis aux extrémismes et aux radicalités de prospérer dans la politique, dans la culture. La promotion du désir s’est transformée en érection de la pulsion, en valorisation de la virilité chauvine, en compétition rap et porno. L’individu hypermoderne, absorbé par ses problèmes personnels est instable. Avec, dans la foulée, le regain des fonctions mâles des sociétés primitives comme la vengeance, le code de l’honneur, la vendetta, le terrorisme… Hypermoderne, hyperfonctionnement, hypermarché, hyper-investissement individualiste et narcissique, s’avancent le sans-limite, la satisfaction immédiate, l’excès permanent en quête de performance, le devoir de jouissance. L’environnement économique lui dicte ses contraintes, branché mais distant, dans un climat d’insécurité grandissant où les bulles internet succèdent aux bulles immobilières et financières et vice-versa. Bref, l’hypermodernité est le ratage du passage de la modernité à la post modernité. L’individu a perdu de vue la conscience individuelle et sa responsabilité propre en se désengageant dans la construction sans retenue d’identités aléatoires, au gré des modes et des influences. Les usages et les pratiques sociales ne suivent pas au même rythme la fabrication des systèmes technologiques. Difficile dans ces conditions tumultueuses et flottantes de réaliser la transition si souvent réclamée vers un futur où la raison s’accorde avec le désir. « Aujourd’hui, la question centrale est la suivante, s’interroge Daniel Cohen ( Interview Place Publique. 1er décembre 2015) : est ce qu’on est dans une phase de transition d’un modèle A vers un modèle B ? Ou bien vivra–t-on désormais dans un régime d’insécurité permanente, qui semble être dans la nature de la société numérique ? »

C’est donc sous le prisme de l’inachèvement du projet moderne et de son dévoiement vers la post modernité ultralibérale, que s’articulent « les guerres chaudes », préfigurant la fin d’une histoire, ou le début d’une autre, l’ère de l’hyper, de l’uber et de l’hybris. La première caractéristique de ces guerres, si l’on s’accorde à penser qu’il s’agit de guerres, est leur éclatement dans le temps et dans l’espace, et l’insécurité permanente qu’elles engendrent. Les guerres hypermodernes à venir ne seront plus comme avant, du temps des totalitarismes triomphants, le nazisme, le fascisme, le stalinisme. L’expansionnisme se déroule sur la place économique et sur les réseaux sociaux. Avec internet toutes les formes d’expansion ont été dépassées. Le phénomène d’auto-amplification joue à plein, toujours plus de connexions, toujours plus de données, toujours plus de notoriété, et plus d’argent pour les GAFAS. Les guerres asymétriques à venir d’un autre genre ne ressembleront vraisemblablement pas à ces cataclysmes tragiques et massifs qui ont ravagé le monde au XXème siècle.

La mémoire de ces guerres totales a impacté la seconde moitié du XXème siècle. Il en reste des traces plus ou moins virulentes. Souvenons-nous, il y a à peine 50 ans, il y avait encore le goulag dans le bloc soviétique à l’Est, des dictatures militaires en Amérique latine, l’apartheid en Afrique du Sud et pas si loin jusqu’en 1989, le mur de Berlin. Au cours des années 60, nous avons frôlé la guerre froide et évité l’apocalypse nucléaire. Sans doute, ces temps sont révolus, mais nous ne connaissons pas encore ce que peut réserver la mémoire fiévreuse des dirigeants irrationnels et radicaux dont le fanatisme et la prétention alimentent les éditoriaux de nos journaux: Trump, Khamenei, Poutine, Erdogan…

L’Hyper est-il « la fin de l’histoire » ? Après la chute du mur de Berlin, supposé signer l’acte de décès du communisme, l’horizon mondial est-il celui d’un libéralisme triomphant, tempéré par un soupçon plus ou moins accentué de sociale démocratie ? Dès lors, peut-on considérer que les conflits armés sont des résidus de la modernité, des soubresauts brutaux au regard de cet horizon indépassable ?  Quelle est cette étrange paix de l’hyper où il n’y a que la guerre qui cause et les menaces qui se profilent? A quelle histoire se réfèrent les guerres d’aujourd’hui? Souvent de vieilles antiennes. Des Musulmans contre les Chrétiens ? Des pauvres contre les riches ? Des gens issus des ex-colonies contre les néocoloniaux ? Des barbares contre la civilisation ? Des ignorants contre la culture ?

Yan de Kerorguen

Au sujet de Yan de Kerorguen

Ethnologue de formation et ancien rédacteur en chef de La Tribune, Yan de Kerorguen est actuellement rédacteur en chef du site Place-Publique.fr et chroniqueur économique au magazine The Good Life. Il est auteur d’une quinzaine d’ouvrages de prospective citoyenne et co-fondateur de Initiatives Citoyens en Europe (ICE).

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