Muriel Jaouën

Une étude de France Bénévolat et Recherches & Solidarités pointe des éléments de caractérisation des bénévoles par rapport à l’ensemble des citoyens.

France Bénévolat et Recherches & Solidarités publient, avec le soutien de la Macif, la dixième édition de leur étude sur “La France bénévole”. Une photographie complète de la situation et des évolutions du bénévolat en France, dans ses ressorts, ses impacts et ses enjeux. Dans cette dernière vague, les données collectées auprès des bénévoles ont été redressées à l’aune d’autres sources (enquête DGCS-Credoc 2012 et Baromètre d’Opinion des Bénévoles de Recherches & Solidarités), ce qui a permis de projeter le point de vue des bénévoles sur celui de l’ensemble de la population.

11 à 12 millions de bénévoles engagés dans une association

Petit rappel liminaire de contextualisation : il y aurait en France 11 à 12 millions de bénévoles engagés dans une association (Source BVA et IFOP pour France Bénévolat, 2010). Mais, de manière plus globale, 36% de Français “donneraient gratuitement du temps pour les autres” (famille exceptée), sans que cet engagement soit pour autant organisé ou formalisé au sein d’une structure dédiée. Un cinquième d’entre eux estiment d’ailleurs que leur démarche relève du “coup de main” et ne se considèrent pas comme des bénévoles.

Des motivations variant selon les champs d’action

Qu’est-ce qui incite les citoyens à s’engager ? Les motivations varient notamment selon le secteur dans lequel ils agissent. Le souhait d’être utile à la société, cité par 71% de l’ensemble des personnes interrogées, est mis en avant par 80% des citoyens engagés dans le social et l’éducation populaire et par 61% de ceux qui ont choisi le sport et les loisirs. Assez loin derrière, l’épanouissement personnel (49% en moyenne) est plus affirmé chez les plus jeunes. Suivent le souhait d’appartenir à une équipe (35%) et la cause défendue (34%), cette dernière motivation variant du simple au double selon que l’on agit dans les loisirs d’une part, dans le social, l’environnemental et la solidarité internationale d’autre part. Enfin, l’acquisition d’une compétence, mentionnée par 19% des bénévoles, est sensiblement plus marquée dans le secteur de la santé et chez les jeunes.

Renforcer la cohésion sociale

Pour 83% des bénévoles et 81% de l’ensemble des Français, le pays souffre d’un manque de cohésion sociale. Parmi les facteurs de déstructuration de ce lien, les bénévoles sont 51% à pointer l’individualisme (vs 33% pour les Français dans leur globalité). En outre, 65% des bénévoles (vs 46% des Français) voient dans la cohésion sociale un levier de compétitivité économique pour le pays.
Lorsqu’il s’agit de défendre le “respect des uns et des autres”, les bénévoles priorisent la notion de “solidarité”, alors que les Français dans leur ensemble en appellent plutôt au “respect des lois et à la réduction des inégalités”.

Si tout le monde s’accorde sur l’importance des “efforts de chacun pour vivre ensemble”, lorsqu’il s’agit de prioriser les moteurs ou conditions de cette cohésion, les bénévoles mentionnent d’abord l’engagement associatif, alors que les Français dans leur ensemble citent plutôt l’école.

Solidarité, tolérance, famille

Côté valeurs, la famille émerge comme le grand dénominateur commun. Pour les Français dans leur ensemble, elle arrive même en tête des références, devant l’honnêteté et la justice. Les bénévoles privilégiant la solidarité et la tolérance. Autre point de singularisation : les bénévoles croient sensiblement plus à l’entraide (88% vs 61%) et à la générosité (39% vs 30%), alors que l’ensemble de la population accorde plus de crédit à la protection sociale (32% vs 24%) et aux aides sociales (13% vs 7%). Les bénévoles témoignent d’une confiance plus marquée à l’endroit des associations, mais aussi des initiatives citoyennes. En revanche, ils se montrent plus réservés à l’égard des pouvoirs publics, des syndicats et des entreprises. L’étude révèle en outre que les Français dans leur ensemble, s’ils se trouvaient en situation de précarité, se tourneraient d’abord vers la famille (58 %), puis vers les associations (40 %).

Etre acteur de sa vie et de la société

Les bénévoles apparaissent plus confiants et enthousiastes que l’ensemble des Français. La vie qu’ils mènent correspond globalement à leurs attentes et ils se montrent plutôt optimistes quant à leur avenir. Pour les auteurs de l’étude, cette attitude plus positive doit être davantage comprise comme un moteur de leur engagement que comme sa conséquence. Les bénévoles se voient comme les acteurs de leur vie, de leur avenir et de la société en général, quand l’ensemble des Français s’en remettent plus spontanément aux collectivités et aux institutions qu’à eux-mêmes.
L’optimisme des bénévoles n’empêche pas pour autant la lucidité des constats face aux difficultés rencontrées par le tissu associatif. Ils sont en effet 58% à pointer une diminution des moyens financiers des structures auxquelles ils adhèrent, 42% à souligner une baisse du nombre de volontaires et 39% à signaler une moindre disponibilité chez ces derniers.

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Au sujet de Muriel Jaouën

Journaliste de formation (ESJ Lille, 1990), Muriel Jaouën publie régulièrement dans le magazine de Place-Publique.Ses spécialités : économie sociale, développement durable, marketing, communication, organisations, management.

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ECONOMIE, ETUDE

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