Quand est-ce qu’on en finira d’avoir honte d’avoir honte, hein, Pascal ? C’est ma question du jour.

C’est curieux, mais hier tandis que chacun cherchait sa place sur le Mall devant le Capitole et que, sur ces antennes, Roberto Denis nous faisait savoir, dans sa revue de presse européenne que, d’après le quotidien italien La Reppublica, c’en était fini de tous les racismes et qu’un pan de l’histoire européenne venait de se terminer avec l’accession de Barack Obama à la présidence américaine, on lisait dans la presse, la nôtre, la fin triviale d’une histoire tragique.

Je veux parler de cette jeune dame malienne, la nounou de la petite Luna, -vous vous souvenez, qui furent abattues toutes deux par les convictions racistes de Hans Van Themsche, à Anvers, en 2006. Et l’on apprenait donc hier que les indemnités judiciaires, les dommages et intérêts donc, auxquels avait été condamné le tueur au fusil Marlin ne seraient pas versés à cette nounou, Oulematou Niangadou, pour la raison qu’elle n’était pas seulement morte assassinée mais qu’elle était surtout sans papiers.

Ces indemnités se montent à 71.500 € et sont destinées à sa famille et à sa fille, dont une partie est belge, et à sa fille, la petite Bintou. Et c’est la Commission pour l’aide financière aux victimes d’actes intentionnels de violence, donc l’Etat, qui est censée les payer, vu l’insolvabilité de l’assassin.

Une lettre a récemment fait savoir à sa famille que le visa d’Oulematou Niangadou étant expiré à l’heure de sa mort, il n’y avait pas lieu de procéder au versement. C’est ainsi que l’on apprend qu’une mort violente peut être aussi une mort illégale. Et que votre illégalité vous suit dans la tombe, qu’il existe une sorte d’éternité de la mort illégale.

« C’est la loi » a dit le récent ministre de la Justice Stefaan De Clerck.

Une personne sans papier n’a pas droit à ce genre d’indemnités. « C’est la loi », donc, qui fait en sorte qu’il y ait, au bout du compte, deux condamnés dans cette affaire, l’assassin et sa victime.

Et c’est là qu’on repense à la phrase de la Reppublica, comme quoi « C’en est fini de la présomption de la supériorité morale, religieuse et culturelle de l’Europe face à un autre monde qui a une autre couleur de peau ». C’est dans ce monde-là que Hans Van Themsche vivait quand il a sorti son fusil. C’est celui-là qui vient de changer un peu sur le Mall du Capitole. « C’est la loi », sans doute.

Mais il y a l’Histoire, aussi, qui ouvre des temps nouveaux. Alors, s’il vous plaît, pitié pour les morts des temps anciens.

Allez belle journée et puis aussi bonne chance.

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