Nous vivons une époque renversante où la versatilité des opinions et les doubles discours se propagent à la vitesse V. Sens dessus, dessous. Tous les jours, dans la dérision ou l’indifférence, nous observons que des propos opposés semblent étrangement familiers l’un à l’autre. Du pareil au même. Tout se vaut. Les rapports de force se bousculent. Les habitus s’emmêlent. Alliés un jour, adversaires le lendemain, les avis finissent par se confondre. Il n’y aurait donc plus d’opinion? Nonchalamment, sommes-nous enclins à penser tout et son inverse, pas loin de croire que les choses auxquelles nous accordons le plus de valeur naissent ironiquement de leur contraire.

Tous sur les terrasses, ce mot d’ordre au lendemain des attentats du vendredi 13 novembre est caractéristique de l’esprit français. Il contient à lui seul les trois principes au fondement de la république : Liberté, Egalité, Fraternité. Ce que d’aucuns critiquent comme de la légèreté est paradoxalement notre force. La place publique est le lieu par excellence de cette urbanité citoyenne qu’on retrouve sur les marchés, en flânant dans la rue, en se promenant dans les parcs, en s’attardant dans les cafés.

Je vous livre ici quelques impressions et réflexions personnelles, pour en débattre avec vous. Je me félicite d’avoir lancé ce réseau, dont le développement ne faiblit pas, preuve que l’idée de départ, enrichie des contributions des quelques pionniers de mars 2014, était juste. Le besoin de décloisonnement et d’échanges dans un cadre libre, ouvert et […]

Qui n’a pas entendu, dans les commentaires agacés d’usagers des transports, lors des micro-trottoirs au moment des grèves, cette phrase : « nous sommes pris en otages ». Qui n’a pas été ébranlé par la comparaison, souvent répétée, entre les camps nazis et la situation à Gaza ? Ou bien surpris par l’analogie: « le musulman […]

Dans les années 1970, nous défilions dans la rue pour protester contre la boulimie de Robert Hersant qui se constituait à la force du poignet ce qui nous semblait un empire de presse hégémonique. Il s’agissait de défendre la diversité et la liberté des journaux menacées par des monopoles capitalistes et déjà trop dépendantes des […]

De temps à autre, il m’arrive de citer cette phrase du poète Paul Valéry – « le temps du monde fini commence » (Regards sur le monde actuel. Stock. 1931). Sa pertinence m’aide dans mes tentatives optimistes de chercher dans l’inventaire des innovations sociales et dans le corpus de la science, des issues à l’inquiétante dérive de notre monde.

Le 11 juillet 2015, à Potocari, en Bosnie, là où la plupart des victimes de Srebrenica avaient été regroupées, les rescapés, les familles des disparus, de très nombreux anonymes et de multiples personnalités participeront à une commémoration du massacre de Srebrenica *. Dans le même temps, le documentaire de Nedim Loncarevic « Les voix de Srebrenica » retrace, sur France 3, à partir de témoignages, la genèse de ce crime de masse et la faillite de l’ONU qui n’a pas su protéger les populations bosniaques en danger. Un document inédit qu’il convient de voir. Ce film est diffusé le 8 juillet à 24 heures et 10 minutes

La contradiction qui caractérise l’esprit français échoue parfois dans l’immobilisme stérile, la mauvaise foi et le relativisme, alors qu’elle est un outil de la raison pour trouver des solutions justes et équilibrées.

Les vieux… enfin, les seniors, disons les personnes plus agées…, on ne sait comment les définir, mais on ne parle que d’eux ! Le vieillissement de nos sociétés suscite de nombreuses études mettant en évidence les préoccupations, le potentiel, le challenge que représente ce phénomène.

Le Premier ministre Manuel Valls a raison lorsque, à l’occasion d’un meeting, il déclare : « le danger est là devant nous. Le FN est aux portes du pouvoir ». Et les grands esprits de s’emporter contre la colère du Premier ministre l’accusant de faire le jeu du FN par cette malencontreuse publicité reprise dans les médias.

Nous célébrons cette année le 70ème anniversaire de la libération des camps nazis. Et cela se déroule dans une atmosphère délétère d’antisémitisme comme nous n’en avons jamais connu. Ces circonstances amènent à rendre hommage à une figure trop méconnue dans l’univers de l’engagement en Europe; celle des « Justes » dont l’action discrète est demeurée méconnue en France jusqu’à l’entrée en janvier 2007 des 2700 Justes français au Panthéon.

Les marches républicaines massives qui ont réuni plus de 4 millions de personnes, le 11 janvier 2015, en réaction aux attentats djihadistes perpétrés les jours précédents dans les locaux du magazine satirique Charlie hebdo et du supermarché HyperCacher resteront dans les mémoires comme un de ces moments d’étreinte nationale et d’émotion cathartique dont la France, souvent divisée, a le secret. Moment de grâce dont on peut se demander s’il ne représente pas une de ces rares rencontres avec l’histoire. Cette fusion, symbolisée par la fraternisation avec les forces de l’ordre, lesquelles ont perdu pendant ces journées, – il faut le souligner – , trois de leurs représentants, un black, un blanc, un beur, nous surprend par son ampleur. L’événement témoigne d’un sens de la gravité politique qui fait honneur à la citoyenneté. Personne n’a organisé le sursaut républicain et d’ailleurs personne n’a instrumentalisé à des fins politiciennes cette mobilisation historique. A cette occasion, la rue a montré qu’aucun parti, ni courant d’idées, ne peut se revendiquer propriétaire de l’identité française. La majorité des citoyens ont ressenti cette mobilisation internationale sans précédent, comme un espace de fierté qui montre que la tradition politique française demeure porteuse de valeurs universelles dans lesquelles de nombreux citoyens du monde se reconnaissent, sans céder à l’irénisme bêlant. L’ampleur de l’évènement conduit chacun d’entre nous à s’interroger et à revenir aux fondamentaux.