Editorial de Yan de Kerorguen. Le mentir vrai, les faits alternatifs, les hoax et les intox, les fausses nouvelles (« fake news ») et canulars viraux, l’inversion de la charge de la preuve, la post-vérité… ce langage nouveau qui se propage en quelques twits courts, en dit long sur le monde renversant qui nous bouleverse en ce […]

Éditorial de Yan de Kerorguen « L’Europe n’a jamais été un long fleuve tranquille », répétait souvent Jacques Delors, président de la Commission Européenne de 1985 à 1994. Mais est-il permis d’espérer atteindre rapidement le delta quand on entreprend sur ce fleuve une navigation  long cours dont le terme rend difficile la ligne d’horizon ? 70 ans d’Europe […]

Pour tous ceux que la politique intéresse, l’élection de Donald Trump à la Présidence des Etats-Unis après le vote britannique en faveur du Brexit, est un message politique d’une grande brutalité pour nos vieilles démocraties. Message brutal, parce qu’il bouscule l’idée que tous les analystes se font des mécanismes du débat démocratique en période électorale : in fine, lorsqu’il s’agit de leur destin aussi bien collectif qu’individuel, la grande majorité des électeurs se rendrait aux arguments des forces politiques et économiques dominantes ; quand bien même les inégalités sociales s’accroissent dans le monde occidental, il ne serait pas concevable que l’on casse un système qui, bon an mal an, vous assure la paix à domicile et un niveau de vie qui reste largement supérieur à celui de la plus grande partie de l’humanité.

« Il est remarquable que l’homme d’Europe n’est pas défini par la race ni par la langue, ni par les coutumes, mais par les désirs et par l’amplitude de la volonté ». Paul Valéry. (Mais qui donc est européen. La crise de l’esprit. 1919) Appel aux européens La construction de l’Europe est la seule grande […]

Un des grands problèmes auxquels sont confrontées les sociétés modernes est la confrontation entre deux modèles : celui de la préservation de l’identité des racines et celui de la poussée des identités multiculturelles. L’éthique de la raison universelle nous oblige à trouver les justes proportions entre ces deux réalités.

edito place publique

Inversion, paradoxe, contrevérité, discordance, antagonisme, antonymie, renversement, quiproquo, contraste, versatilité, oxymore, ambivalence…ce vocable instable des figures du « tout et son contraire » peuple notre époque. Il trame notre langage et nos comportements, sans que nous nous en apercevions toujours. Notre nature va de volte-faces en contresens, réunir des inconciliables, au gré de nos ambivalences. La dualité en chaque homme est reconnue par toute la sociologie classique et avant elle par la philosophie, Adam Smith, Emile Durkheim, Alexis de Tocqueville ou Max Weber tout autant que par Leibniz ou Kant. Elle s’est aujourd’hui installée en profondeur dans les postures de chacun, signe de la schizophrénie ambiante.

« Moi, égo, unique, en mon royaume, souverain dans l’égocentrisme de mon selfie (selfish) », tel est le crédo de Narcisse numericus qui prolifère, seul maître à bord, sur la toile du peuple internaute. Et quand « il pense » (donc il est, selon Descartes), c’est seul dans son coin, avec son autoportrait, enfermé dans son cogito.

J’ai deux bons amis qui, en tous points, s’opposent dans leur façon de penser. Cependant, un certain nombre de choses les réunit : l’intelligence, les livres, la politique. Sans compter le respect qu’ils se témoignent et le plaisir qu’ils éprouvent de discuter ensemble. L’un est directeur de recherche et rationaliste, amateur d’art à ses heures. […]

La raison ! Un mot déconsidéré par les temps qui courent. La raison est en position de faiblesse dans la société du “tout est égal” et du refus du réel.
Une bonne raison de rappeler, en ces périodes de défiance, que la raison sensible est la meilleure approche du réel.

En cette année 2016, je suis en peine de comprendre ce qui nous arrive, ici, en Europe et singulièrement en France. Un sentiment domine : le désabusement. La logique du pire semble l’emporter sur les quelques utopies que nous caressions.

Jamais l’Union Européenne n’a autant été mise à l’épreuve. Partout, quel que soit le pays, le pessimisme domine. Il faut aujourd’hui se pincer pour entrevoir un avenir heureux en Europe tant la situation du vieux continent semble incertaine. Nous l’avons tant désiré, cette Europe. Et voilà que les égoïsmes triomphent.

Terrorisme : Le moins qu’on puisse dire est que la révision constitutionnelle devant inscrire la déchéance de la nationalité dans la constitution créé la perplexité dans le monde politique. Mais la plupart des Français semblent en accord avec cette mesure. Dans un sondage BVA pour Orange et i-Télé*, publié dimanche 10 janvier 2016, l’acceptation de la déchéance de nationalité pour l’ensemble des binationaux, s’élève à 75 % d’opinions favorables
Pourquoi Place Publique est-il contre cette mesure ?