Ce texte d’appel a été élaboré par le comité Syrie-Europe, qui regroupe quelques intellectuels français et syriens pour tenter d’informer davantage sur la situation des droits de l’homme en Syrie et infléchir en leur faveur les politiques des Etats européens. Il est proposé à la signature d’un certain nombre d’intellectuels et écrivains européens pour publication dans la presse
dans les deniers jours de février. Une version en langue anglaise est en cours de traduction.

Merci de renvoyer les signatures à Jonathan Chalier, qui les centralise :
j.chalier@esprit.presse.fr

Chaque jour apporte son lot de révélations nouvelles sur la tragédie que vit le
peuple syrien et sur les atrocités criminelles dont l’Etat de barbarie de Assad,
pour reprendre la juste expression de Michel Seurat, se rend toujours plus
coupable, avec la complicité de ses soutiens russes et iraniens : hier c’était le
rapport d’Amnesty international dénonçant le meurtre de plus de 13 000
personnes dans des conditions épouvantables à la prison de Saydnaya, près de
Damas, avant-hier la révélation par Médiapart de viols d’enfants à grande
échelle, ainsi que d’innombrables témoignages d’exactions diverses, qui
viennent s’ajouter aux crimes de guerre commis par l’armée syrienne et ses
alliés, les milices libanaises du Hezbollah, ses conseillers iraniens et l’aviation
russe, qui bombarde civils et hôpitaux, affame la population civile, la
contraignant à la fuite. Aujourd’hui, plus de 6 millions de Syriens vivent en exil,
la plupart dans des camps de réfugiés en Turquie ou au Liban, sans compter les
personnes déplacées au sein de la Syrie elle-même.

Face à cela, les institutions internationales sont prises en otage par le veto
russe systématiquement utilisé au Conseil de sécurité de l’ONU contre toute
tentative de protestation et de sanctions. Pire : l’idée qu’on ne peut rien faire,
ou que Assad, aussi détestable soit-il, est après tout le meilleur rempart contre
Daesh se répand insidieusement dans les opinions occidentales appuyée par un
négationnisme efficace et la propagande du régime s’efforce, parfois avec
succès, de présenter Assad en interlocuteur respectable.

Nous refusons énergiquement cette complaisance et cette résignation !

Rappelons que les forces d’Assad ont combattu à Alep la Résistance syrienne,
laissant le champ libre à Daesh pour réinvestir Palmyre. Que ces deux là sont
secrètement complices. Et que le combat contre Daesh, s’il veut être légitime
et efficace, doit aussi être un combat sans merci contre Assad et ses alliés.

Nous appelons l’opinion publique à se mobiliser avec nous pour obliger les
gouvernements européens à cesser la politique de l’autruche.

Exigeons d’eux :

● qu’ils condamnent clairement les violations du droit international et les
exactions d’où qu’elles viennent afin que soit mis un terme aux crimes du
régime ;

● qu’ils mettent en œuvre tous les moyens juridiques internationaux et
nationaux pour faire cesser l’impunité du régime de Bachar-el- Assad.

En particulier :

● Soutenir le « Mécanisme international, impartial et indépendant sur les
violations les plus graves du droit international commises en République arabe
syrienne depuis mars 2011 », voté par l’Assemblée générale de l’ONU en
décembre dernier, afin qu’il ne demeure pas une coquille vide ;

● Exiger la visite en Syrie d’une commission d’enquête indépendante sur les
actes de torture commis par le régime (le Syrie étant signataires de la
convention de 2004)

● Utiliser aux mieux les dispositions existantes dans les États qui s’en sont
dotées sur la compétence universelle, et s’en doter rapidement pour les
autres.

● Soutenir le travail des associations de défense des droits de l’homme,
notamment syrienne, et des ONG internationales

● Accorder beaucoup plus largement l’asile aux réfugiés syriens et les accueillir
dans les meilleures conditions possibles, en apportant aux victimes de la
torture l’assistance médicale, psychologique et juridique nécessaire.

Premiers signataires :

Hala Alabdalla (cinéaste) ; André Burguière (EHESS) ; Jonathan Chalier (revue
Esprit) ; Véronique Nahoum-Grappe (EHESS) ; Joël Roman (philosophe, revue
Esprit)….

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Au sujet de Yan de Kerorguen

Ethnologue de formation et ancien rédacteur en chef de La Tribune, Yan de Kerorguen est actuellement rédacteur en chef du site Place-Publique.fr et chroniqueur économique au magazine The Good Life. Il est auteur d’une quinzaine d’ouvrages de prospective citoyenne et co-fondateur de Initiatives Citoyens en Europe (ICE).

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SOLIDARITE

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