Les seniors en activité sont bien dans leur travail et s’y investissent. Mais d’importantes réserves subsistent. Tel est l’un des enseignements tirés d’un sondage* réalisé par l’Institut Français des Seniors en partenariat avec le journal « Notre Temps » et « Seniors à Votre Service », publié à l’occasion de la 17ème édition du Salon des Seniors (du jeudi 9 avril au dimanche 12 avril, à Paris).

Selon cette étude, le travail est une valeur affirmée dont ils attendent qu’elle leur offre le sentiment de leur utilité. Les seniors se disent aussi militants du « travail bien fait ». Pourtant, ils admettent que parfois celui-ci leur pèse : ils souffrent surtout d’absence d’évolution : (63%), de fatigue (61%) et ils estiment que leur rémunération est inférieure à leur engagement (69%)

Contrairement aux idées reçues, ils sont à peine un quart (22% ) à avoir peur d’être licenciés bien que 51% déclarent que retrouver un emploi serait certainement difficile. Et ils ne ressentent pas une compétition avec les plus jeunes. Il n’y a de guerre des générations que pour 22% d’entre eux. Même si une grande majorité (77%) d’entre eux souhaiteraient que leur départ en retraite intervienne plus tôt qu’à la date prévue, 23% aimeraient continuer. Principalement, les cadres.

Le cumul emploi retraite : une nouvelle vie après 60 ans à temps partiel.

• Les seniors qui sont actuellement en cumul emploi-retraite sont partis en moyenne à 59,8 ans. Un sur deux (55%) a conclu un contrat avec un autre employeur. Seulement 13% chez le même. Mais pas à plein temps : le cumul emploi-retraite correspond à un temps partiel pour 81% des seniors. Ils font ce choix certes pour avoir un complément de revenus (93%) mais pas seulement : aussi pour le besoin de se sentir utile (74%). Parmi les retraités, ceux qui avaient choisis de continuer à travailler (12%) l’ont fait sur presque un mi-temps et autour de 2 ans (54% moins de 2 ans).

Les seniors en recherche d’emploi : prêts à tout mais désemparés et seuls.

• Face aux profondes difficultés qu’ils rencontrent, les seniors sont prêts à des concessions très importantes : 88% élargissent leurs recherches à des postes différents, 53% seraient prêts à déménager, 77% accepteraient une baisse de rémunération, 69% sont prêts à changer de métier et 64% à suivre une formation pour faciliter leur reconversion. La recherche est difficile parce qu’ils ressentent une vraie discrimination du fait de leur âge lors des entretiens de recrutement (84%) et qu’ils sont souvent seuls : seulement 35% font appel à leur réseau professionnel. Bien qu’ils soient conscients de leurs points forts comme leur expertise (79%), leur diversité d’expériences (76%), leur sens des relations humaines (75%), ils pensent peu à en valoriser d’autres comme leur détachement par rapport aux modes (37%) et leur réseau( 28%).

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Au sujet de Yan de Kerorguen

Ethnologue de formation et ancien rédacteur en chef de La Tribune, Yan de Kerorguen est actuellement rédacteur en chef du site Place-Publique.fr et chroniqueur économique au magazine The Good Life. Il est auteur d’une quinzaine d’ouvrages de prospective citoyenne et co-fondateur de Initiatives Citoyens en Europe (ICE).

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ETUDE, GENERATION, Le Magazine

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