Strasbourg, 18.11.2014 – Le Groupe de coopération en matière de lutte contre l’abus et le trafic illicite de stupéfiants (Groupe Pompidou) a publié la première étude jamais réalisée à ce jour qui présente les femmes comme une « catégorie à haut risque dans l’usage non médical de médicaments délivrés sur ordonnance » et révèle que la consommation de médicaments délivrés sur ordonnance est « nettement plus élevée chez les femmes de tous les groupes d’âge et à toutes les époques ».

Les 17 pays qui ont fait l’objet de l’étude – Allemagne, Chypre, Egypte, France, Grèce, Irlande, Israël, Italie, Liban, Lituanie, Malte, Maroc, Pays-Bas, Pays de Galles, République tchèque, Serbie et Tunisie – ont montré une «différence importante entre les hommes et les femmes en ce qui concerne l’usage non médical de médicaments délivrés sur ordonnance», selon le Professeur Marilyn Clark de l’Université de Malte, coordinatrice du projet de recherche financé par le Gouvernement italien (Département de la politique antidrogue, Présidence du Conseil des ministres) sous la direction d’Elisabetta Simeoni, correspondante permanente pour l’Italie et rapporteure pour l’égalité entre les femmes et les hommes.

Bien qu’il ne s’agisse pas d’une étude exhaustive des populations qui font un usage non médical de médicaments délivrés sur ordonnance, cette étude, qui est la toute première à mettre l’accent sur la différence entre hommes et femmes en matière d’automédication, se fonde sur une analyse secondaire de données disponibles dans 17 pays, telles qu’elles ont été communiquées par des experts.

Un point presse sera organisé le mercredi 19 novembre à 11h30 en salle 14 du Palais de l’Europe, à l’occasion de la 16e conférence ministérielle du Groupe Pompidou les 19 et 20 novembre à Strasbourg.

Selon l‘étude, il a notamment été constaté ce qui suit :

· la consommation de médicaments délivrés sur ordonnance est plus élevée chez les femmes que chez les hommes dans la population générale

· les filles ont tendance à recourir plus que les garçons à l’usage non médical de médicaments délivrés sur ordonnance.

· la source la plus courante de médicaments délivrés sur ordonnance est un médecin, mais la source suivante est « un(e) ami(e) ou un(e) proche » indiquant une relative facilité d’acquisition

· les traumatismes et les violences peuvent être des facteurs à l’origine de l’automédication chez les femmes

· certains pays (l’Allemagne et la Serbie) signalent des surdoses fatales plus élevées chez les femmes que chez les hommes en ce qui concerne la consommation de médicaments psychiatriques (psychotropes)

· les pays participants n’ont pas tous un système permettant d’enregistrer le nombre de prescriptions de substances psychotropes

· la plupart des pays prennent en considération l’usage non médical des médicaments délivrés sur ordonnance dans leur politique nationale en matière de drogues et de médicaments, mais il n’existe ni en Europe ni dans la région méditerranéenne une surveillance uniformisée de l’usage de ces derniers

· la consommation de médicaments délivrés sur ordonnance augmente avec l’âge : la trentaine représente une période à risque « plus probable »

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Au sujet de Yan de Kerorguen

Ethnologue de formation et ancien rédacteur en chef de La Tribune, Yan de Kerorguen est actuellement rédacteur en chef du site Place-Publique.fr et chroniqueur économique au magazine The Good Life. Il est auteur d’une quinzaine d’ouvrages de prospective citoyenne et co-fondateur de Initiatives Citoyens en Europe (ICE).

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