Alain Bravo, Président de l’Association Pasc@line et Directeur General du Supelec, les Présidents et Coprésidents des Commissions Formation et Communication, ont présenté les actions de l’Association pour le développement de la culture numérique, lors de la Conférence de presse du 22 mai 2012, dans les salons du Press Club de France.

L’association conduit, depuis plusieurs années, des actions pour le développement de la
culture numérique, du secondaire au supérieur, et dans la vie professionnelle. Il s’agit de
permettre à chacun d’acquérir les compétences et connaissances nécessaires pour
s’adapter à la société du XXIème siècle et à ses évolutions, et d’éviter d’engendrer de
nouvelles formes d’exclusion. La culture numérique fait partie des 8 compétences clés du
citoyen européen, définies par le Conseil de l’Europe.

Les actions et recommandations de l’association s’articulent autour de l’acquisition
des compétences tout au long de sa vie, illustrée par les trois niveaux de « l’Arbre des Competences » :

1. – L’enseignement Informatique et Sciences du Numerique au lycée : ISN, nouvelle
étape de l’alphabétisation numérique dans le secondaire.

2. – L’apprentissage dans le supérieur et plus généralement la formation par
alternance ; réalités vécues par les entreprises, les établissements d’enseignement
supérieur et les étudiants.

3. – Le e-leadership : recommandations de l’Association pour une formation appropriée des
cadres tout au long de leur vie professionnelle.

1 – L’enseignement Informatique et Sciences du Numerique au lycée : ISN, nouvelle étape de l’alphabétisation numérique dans le secondaire, en septembre 2012.

Les lycéens de terminale S pourront suivre ce nouvel enseignement sur l’économie
Numérique, en option au bac, du septembre prochain.
Au-delà de l’objectif de « savoir utiliser un ordinateur », l’enseignement ISN s’applique a
faire comprendre les notions et concepts des sciences de l’informatique à travers trois usages principaux :

Les systèmes embarqués (logiciel et matériel) qui jouent un grand rôle dans la mobilité
et dans tous les secteurs de l’économie;

La transmission de l’information, les technologies numériques qui sont universellement
utilisées dans les systèmes de télécommunications;

L’aide à la gestion des entreprises et des fonctions opérationnelles.

Cette approche de la culture numérique, fondée sur l’acquisition de connaissances et
d’expériences dans le monde réel, représente pour les jeunes, une initiation leur permettant
ensuite de s’orienter vers des formations supérieures dans les nouvelles technologies, un
secteur qui offre de nombreuses opportunités de carrières. Ce nouveau programme se
différencie par le souci de mise en activité des élevés, à travers des travaux de groupe et par
une mise en évidence de l’influence sur la société des systèmes numériques et de leurs
finalités.

L’objectif est d’aider les lycéens à avoir une expérience motivante avec le monde du
numérique. C’est également une opportunité pour ce secteur économique qui connait un
déficit de recrutement de faire découvrir aux jeunes, en dehors de tout préjuge, les métiers
du numérique, pour qu’ils les connaissent mieux et qu’ils les intègrent dans leurs choix
d’orientation.

Mettre en place un enseignement nouveau est le défi relevé par les parties prenantes
de ce projet (Association Pasc@line, Ministere de l’Education nationale – MEN, CNDP,
INRIA, ONISEP) : identifier des enseignants, mettre au point une pédagogie, créer une
nouvelle matière (première depuis la création de l’enseignement de sciences économiques
et sociales), apporter une ouverture sur les entreprises et encadrer le projet.

L’Association Pasc@line a joué un rôle essentiel dans cette mise en place en apportant des
éléments concrets sur la réalité professionnelle du secteur du numérique, et en rédigeant
des documents destinés à contribuer à la formation des enseignants de cette option :

 participation au séminaire de lancement auprès des inspecteurs régionaux;

 rédaction d’une mini encyclopédie sur les grands domaines d’utilisation du
Numérique couverts par l’enseignement Informatique et Sciences du Numerique;

 réalisation, en liaison avec Syntec Numérique et Femmes du Numérique, de vidéos
métiers mettant en scène de jeunes professionnels.
Ces travaux sont destinés au site Internet SILO du MEN (http://science-info-lycee.fr), dédié à
la formation des enseignants de cette option, à l’ONISEP et à Passinformatique, le site
passerelle vers les métiers de l’informatique. Pour son contenu le choix a été fait de
s’appuyer sur les professeurs de plusieurs disciplines (STI, maths, physique) selon leurs
compétences.

Un site pédagogique, accessible en intranet, à la fois documentaire et interactif,
comprend un forum et une boite à questions vers les chercheurs de l’INRIA, et des liens vers
des documents externes. Il a été réalisé en collaboration avec le CNDP, l’Association
Pasc@line et l’INRIA. Un manuel a été également édité afin d’accompagner d’une façon
didactique les professeurs du secondaire et du supérieur dans ces matières. Des fiches
destinées aux enseignants illustrent les principaux concepts indispensables à la
compréhension de l’univers professionnel du numérique.

Alain Bravo, Président de l’Association Pasc@line et Directeur General de Supelec précise :
≪ L’association Pasc@line se positionne comme référent entre l’enseignement et la vie
professionnelle dans le secteur du numérique. Elle va permettre aux lycéens d’avoir une
formation en entreprise et de rencontrer des professionnels. »

2. – L’apprentissage dans le supérieur et plus généralement la formation par
alternance
; réalités vécues par les entreprises, les établissements d’enseignement

Les évolutions économiques et technologiques de ces dernières années ont eu pour effet
d’accentuer fortement les exigences de professionnalisme et de compétences et de
développer une opérationnalité et une réactivité accrues en entreprise. Dans le
prolongement de la mise en place de ″l’Approche Competences″ développée depuis 2011
dans les établissements d’enseignement supérieur, l’Association Pasc@line est sur le point
de publier une communication sur ″l’Evaluation des Compétences″.

L’apprentissage est un atout pour répondre au développement des secteurs d’avenir
et accroitre la diversité dans l’enseignement supérieur. Le secteur du numérique se
caractérise par un mode d’organisation et de gestion des ressources humaines très différent de l’industrie et il représente un très important gisement d’emplois. Ce secteur manque cruellement de jeunes talents, alors qu’il emploie près d’un million de personnes en France
et propose, pour le seul domaine des Logiciels et Services, 40 000 emplois dont 10 000
créations de postes par an.

Pour les PME, l’apprentissage constitue une opportunité de recrutement efficace et peu
coûteuse. Suivant le modèle allemand, les diplômes issus de l’apprentissage constituent une
ressource clé pour aider les PME à accéder au rang d’entreprises de taille intermédiaire
(ETI), qui manquent dans notre pays. Des dispositifs adaptés devraient donner aux PME un
accès privilégié aux filières de compétences dont les diplômes leur échappent trop souvent.
Dans ce contexte, alors même que la formation en alternance constitue une voie royale pour
développer les talents de haut niveau et acquérir les compétences dont les secteurs les plus
dynamiques de notre économie ont besoin, l’apprentissage dans l’enseignement supérieur
est menacé.

Dans les faits, les dispositifs trop complexes en compromettent l’avenir dans l’enseignement
supérieur, faute d’entreprises d’accueil et d’établissements et de centres CFA appropriés
pour les niveaux Bac+5. En particulier l’objectif doit être que les établissements
d’enseignement couvrent leurs frais avec une contribution des différents acteurs, entreprises,
pouvoirs publics et futurs diplômés, dans le respect de la diversité sociale.

Pour Alain Bravo, Président de l’Association Pasc@line et Directeur General de Supelec :
≪ Les établissements d’enseignement supérieur sont toujours plus nombreux à offrir des
filières de niveau master par la voie de l’apprentissage : d’ores et déjà 12% et bientôt 15%
dans les écoles d’ingénieurs sont délivrés par la voie de l’apprentissage. Cette formation
bénéficie d’un double suivi école et entreprise. Elle est responsabilisante pour le jeune qui a
ainsi choisi un statut de professionnel, sous contrat de travail. »

Des pistes de réflexion et d’action existent pour une politique nouvelle de l’apprentissage,
afin de préparer l’avenir de métiers à forte valeur ajoutée. Impliquée dans les relations entre
entreprises et établissements d’enseignement supérieur dans le secteur du numérique,
l’Association Pasc@line propose d’organiser des ″Etats Généraux de l’Apprentissage
dans l’enseignement supérieur″, réunissant tous les partenaires, y compris les pouvoirs
publics, afin de redonner à cette formation un souffle nouveau, en cohérence avec les
objectifs sociaux et économiques du pays.

3 – Le e-leadership : « L’Arbre des Competences  » pour une formation tout au long de la vie

L’Arbre des Compétences illustre l’approche interdisciplinaire nécessaire aujourd’hui
aux cadres et aux ingénieurs pour concevoir et mettre en place des systèmes et services
complexes. Cette approche repose sur une formation, développée tout au long de la vie,
intégrant les compétences et connaissances liées au numérique et correspondant aux trois
niveaux de l’Arbre des Compétences :

 Les racines s’ancrent dans l’enseignement secondaire et la formation
traditionnelle des ingénieurs, tout en s’ouvrant à d’autres formations portant des
compétences et des univers de pensée différents.

 Le tronc représente les expertises propres aux différents profils de métiers
d’ingénieurs et de managers, aussi bien en connaissances, en compétences et en
savoir être.

 La ramure porte les compétences pluridisciplinaires que chacun, après sa
formation initiale, va développer au cours de sa vie professionnelle.
Le développement de compétences transverses, tout au long de la vie professionnelle,
permettra aux cadres d’évoluer dans leur carrière à partir de fonctions techniques initiales.
Les racines et le tronc de l’Arbre devront être imprègnés de contenus portant sur les
sciences humaines et sociales, en particulier grâce à des projets multidisciplinaires. Ceux-ci
prendront en compte aussi bien une approche des usages des technologies numériques que
la recherche intégrative. L’Approche Compétences initiée des 2011 dans l’enseignement
supérieur converge déjà vers de tels projets.
La conviction première est que le numérique représente un formidable vecteur de créativité
et de compétitivité qui, dans la mondialisation de l’économie et face aux grands enjeux de
sociétés, favorise l’émergence de nouvelles manières de penser, d’agir, de vivre. Préparer la
génération des e-leaders de demain, c’est le sens de la réflexion prospective de
L’Association Pasc@line sur l’e-leadership.

Former à l’e-leadership vise à préparer les futures générations de cadres capables
d’intégrer dans la stratégie et l’organisation de la société, de l’économie, de l’entreprise, une
approche innovante, fondée sur le numérique. Au sens des recommandations de la
Commission Européenne, une telle formation porte sur des compétences et des aptitudes
transverses, et le rapprochement entre l’enseignement des technologies et des sciences au
sens large avec les sciences sociales apparait ainsi comme une nécessite.
Former au e-leadership nécessite donc de décloisonner les formations : tout en
maintenant à niveau les compétences techniques, les formations continues devraient mieux
intégrer les formations spécialisées qui permettront aux futurs cadres d’avoir une vision plus
systémique et tournée vers le management de projets complexes. Cette approche prendra
son véritable sens grâce à l’hybridation des projets pédagogiques entre écoles
d’ingénieurs et de management.

Plusieurs axes de réflexion sont envisageables : la mise en place de mastères spécialises
en co-entreprise avec de grands groupes ou la création de MBA de e-leadership.
L’implication des écoles de management, des Instituts d’Administration des Entreprises (IAE)
et des Unités de Formation et de Recherche en Sciences Humaines & Sociales (UFR) est
essentielle. La création d’un « Executive mastère spécialisé » pourrait naitre de cette
coopération. Ces reformes devront s’appuyer sur le triptyque fondamental : connaissances,
aptitudes et compétences.

L’annonce en 2011 de l’appel à projets « Initiatives d’excellence en formations
innovantes » (IDEFI) ouvre la porte a des formations intégrant les sciences technologiques,
managériales, humaines et sociales, comme les projets ADICODE (ISEN et HEI) – FINMINA
(Supelec Rennes en partenariat) – INNOVENT-E (CESI) – PLACIS (EISTI en partenariat) et
VPE (ECE), impliquant tous des établissements adhérents à l’Association Pasc@line.
En conclusion, Alain Bravo souligne : «Il manque clairement en France une approche pour la diffusion de la
culture numérique et en particulier une formation intégrant les compétences et
connaissances nécessaires pour s’adapter à l’évolution de l’économie. Il est ainsi légitime de
s’interroger sur la prise en compte des grands enjeux de société à tous les niveaux du
système d’éducation et de formation. Le décloisonnement des formations entre
l’enseignement des technologies et des sciences en général et le management permettra de
donner naissance à la nouvelle génération de e-leaders dont les entreprises vont avoir
besoin dans les années à venir. »

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Au sujet de Yan de Kerorguen

Ethnologue de formation et ancien rédacteur en chef de La Tribune, Yan de Kerorguen est actuellement rédacteur en chef du site Place-Publique.fr et chroniqueur économique au magazine The Good Life. Il est auteur d’une quinzaine d’ouvrages de prospective citoyenne et co-fondateur de Initiatives Citoyens en Europe (ICE).

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Le Magazine, Sciences et société

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