Biologie de synthèse : les « nouveaux OGM » en débat

Alors que la question des organismes génétiquement modifiés (OGM) est loin d’être derrière
nous, celle des « nouveaux OGM » qui sortiront des laboratoires de « biologie de synthèse »
monte en flèche. Ainsi, Geneviève Fioraso, députée de l’Isère, est en charge d’un rapport sur
le sujet pour l’Assemblée nationale.

La revue Science Translational Medicine explique, dans
son édition du 26 octobre, comment des malades bénéficieront peut-être bientôt de cette
stratégie. Et des centaines d’étudiants vont se retrouver pour la finale de la compétition
internationale iGEM (International Genetically Engineered Machines) du 5 au 7 novembre, à
Boston.

De son côté, l’association VivAgora, engagée dans l’organisation de discussions publiques sur
les enjeux des sciences et technologies émergentes, publie ce 25 octobre 2011 une alerte de
la collection Early Bird, « Biologie de synthèse et artificialisation du vivant : quel avenir
pour les nouveaux OGM ? » . Elle participe le même jour à un débat organisé dans le cadre
des Alter Mardis, à Paris.

Une nouvelle biologie

La biologie de synthèse (ou biologie « synthétique ») est née durant les années 2000 de la
convergence des progrès de la biologie moléculaire et cellulaire, de l’informatique et des
techniques tels que le séquençage, la synthèse et la modification de l’ADN. Elle consiste à
concevoir, à construire et à expérimenter des systèmes biologiques en leur donnant des
fonctions n’existant pas dans la nature.

Questions de société

Dans sa dernière publication, VivAgora estime notamment qu’il est utile de ne pas réduire le
débat sur les nouveaux OGM aux seuls aspects des risques et qu’il faut engager largement la
discussion sur les questions de société et éthiques telles que : Quels produits et quels
services attend-on exactement de la biologie de synthèse ? Jusqu’où peut-on maîtriser les
êtres vivants ? A-t-on le droit de traiter les parties d’êtres vivants comme des pièces de
Lego ? Est-il moralement inacceptable de créer un être vivant artificiel ?, etc.
Débats et concertation

Dans le même esprit, l’association participe mardi 25 octobre (19h-21h30) au débat « Les
ingénieurs du vivant sont-ils maîtres de leurs créations ? » , à Paris.

Elle organisera de janvier
à mars 2012 un cycle de concertation publique consacré au vivant artificiel touchant un
public non initié et favorisant sa participation active.

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Au sujet de Yan de Kerorguen

Ethnologue de formation et ancien rédacteur en chef de La Tribune, Yan de Kerorguen est actuellement rédacteur en chef du site Place-Publique.fr et chroniqueur économique au magazine The Good Life. Il est auteur d’une quinzaine d’ouvrages de prospective citoyenne et co-fondateur de Initiatives Citoyens en Europe (ICE).

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