A l’aube du sommet des dirigeants européens consacré à l’énergie, l’association Greenpeace affirme dans un Rapport du 18 janvier , présenté à Bruxelles, que les énergies renouvelables pourraient assurer 99,5 % des besoins énergétiques européens en 2050, si, et seulement si, le nucléaire était relégué au rang des énergies du passé , comme l’est quasiment aujourd’hui le charbon.

L’électricité produite sur le sol européen pourrait provenir des énergies renouvelables à 99,5 % en 2050.

A condition aussi que d’importants investissements soient dévolus pour développer les infrastructures et les réseaux. Les réseaux électriques, à l’heure actuelle, ne favorisent que le nucléaire et les industriels n’investissement massivement que dans ce même nucléaire.
« Actuellement, les éoliennes sont souvent arrêtées en période de pointe de production pour laisser un accès prioritaire à l’électricité produite par les réacteurs nucléaires et les centrales alimentées au charbon, impossibles à stopper », déplore le rapport baptisé « La bataille des réseaux ».

Si les états européens décidaient de stopper l’accès prioritaire des réseaux au nucléaire, ils devraient allouer 70 milliards d’euros d’ici 2030 puis rajouter 28 milliards jusqu’en 2050. Ainsi, l’électricité produite sur le sol européen proviendrait à 68 % des renouvelables en 2030 et à 99,5 % en 2050.

L’organisation écologiste ne doute pas contraindre la France à se diversifier
paraît difficile en France. « Les acteurs sur le marché français comme EDF pourront retarder la montée en puissance des renouvelables, mais ils ne pourront pas la stopper », avancent ses responsables. En effet, les nouvelles règles européennes vont imposer à la France de cesser de donner la priorité à ses propres réacteurs sur son réseau. Les investissements nécessaires pour assurer ce chnagement sont estimés à soixante- dix milliards d’euros d’ici à 2030. Vingt-huit milliards d’euros supplémentaires devraient être ajoutés lors des vingt années suivantes.

Selon un Baromètre de l’ADEME, les Français sont attachés aux énergies nouvelles.

En tous les cas, même si les désirs de Greenpeace paraissent difficiles à réaliser, le terrain psychologique est mur pour avancer dans cette direction. Les résultats d’un baromètre annuel de l’ADEME*(1) sur les énergies renouvelables montre que les Français sont attachés aux énergies nouvelles : 97% d’entre eux se déclarent favorables à leur développement. Ce Baromètre montre que le soutien des Français aux énergies renouvelables reste stable. «Ces nouvelles énergies devront, en 2020, représenter 20 % de notre consommation d’énergie et marquent le début d’une formidable aventure industrielle», précise Nathalie Kosciusko-Morizet, Ministre de l’Ecologie, du Développement Durable, des Transports et du Logement.

Le baromètre met également en évidence que 44% des personnes interrogées considèrent « intéressante » la possibilité de produire de l’électricité à domicile à partir d’énergies renouvelables . 28% d’entre eux la jugent même très intéressante.
Parmi les énergies renouvelables, la palme revient au solaire et à l’éolien qui recueillent respectivement 61% et 53% des faveurs (contre 68 et 43% en 2009). Suivent l’hydraulique (20%) et la géothermie (19%). Les principales raisons de ce choix sont les avantages environnementaux (83%) puis économiques (52%).
Sur le plan de la pratique, 18% des Français déclarent posséder un appareil permettant d’utiliser une énergie renouvelable. 55% d’entre eux possèdent une installation permettant de se chauffer au bois, tels qu’un poêle à bois ou une cheminée. Les installations solaires sont en progression de +13% tandis que les pompes à chaleur augmentent de +5%. Parmi les Français qui ne disposent pas encore d’un équipement permettant d’utiliser une source renouvelable, 85% jugent intéressantes les offres existantes, en particulier en matière de solaire (71%) et, dans une moindre mesure, de géothermie (17%). Les obstacles liés à l’installation de ces équipements ont malgré tout pris de l’ampleur principalement pour des questions de couts considéré comme trop élevé par 45% des répondants, (en hausse de 11 points par rapport à 2009). Les difficultés techniques sont citées par 44% des répondants (en hausse de 8 points).

Des énergies de plus en plus compétitives

Selon une autre étude que vient de publier la société de gestion indépendante spécialisée dans l’univers du développement durable, la Financière de Champlain, l’avenir des énergies vertes s’éclaircit. « Après trois années de baisse, succédant aux trois années 2005-2007, nous pensons que le secteur de l’environnement devrait entrer progressivement, en 2011, dans un nouveau cycle haussier », estiment les auteurs de ce point de conjoncture. Les industries des énergies renouvelables, et particulièrement celle du secteur photovoltaïque, grâce à « la baisse continue du prix des panneaux solaires » deviennent « de plus en plus compétitives ».

Les énergies alternatives pourront remplacer le pétrole en 2050

Biocarburants, électricité et méthane pourraient ensemble permettre à l’Union européenne de remplacer progressivement les énergies fossiles comme carburants alternatifs dans le secteur des transports d’ici à 2050, selon un rapport européen publié mardi.

Selon un rapport d’un groupe d’experts sur les carburants du futur, « il serait possible de répondre à la demande escomptée de tous les modes de transport » à cette échéance par une combinaison de carburants alternatifs.
Cela inclurait un mélange d’électricité (batteries et hydrogène/piles à combustible) et de biocarburants comme carburants principaux, complétés par des carburants de synthèse (issus de sources renouvelables dans une proportion croissante), du méthane (gaz naturel et biométhane) comme carburant complémentaire, et du GPL (gaz liquide) comme carburant d’appoint, dit le document.

L’Union européenne aura besoin de sources d’énergie non issues du pétrole et n’émettant quasiment pas de CO2 pour le transport d’ici à 2050 afin de réduire les effets sur l’environnement et de répondre aux préoccupations liées à la sécurité de l’approvisionnement en énergie, ajoute-t-il.

« Si nous voulons rendre les transports réellement durables, nous devons nous tourner vers les carburants alternatifs », a souligné dans un communiqué Siim Kallas, vice-président de la Commission européenne responsable des transports.
Il y a urgence, car « le marché pétrolier pourrait connaître une pénurie avant 2020 », estime son homologue Günther Oettinger.
Le secteur des transports reste très polluant. Il constitue le point noir dans l’action entreprise par l’Union européenne pour lutter contre le réchauffement climatique avec des émissions de CO2 en augmentation constante, déplore la Commission.
Il est avec la construction l’un des secteurs dans lesquels le potentiel d’économies d’énergie est considérable, ajoute-t-elle.

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Au sujet de Yan de Kerorguen

Ethnologue de formation et ancien rédacteur en chef de La Tribune, Yan de Kerorguen est actuellement rédacteur en chef du site Place-Publique.fr et chroniqueur économique au magazine The Good Life. Il est auteur d’une quinzaine d’ouvrages de prospective citoyenne et co-fondateur de Initiatives Citoyens en Europe (ICE).

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