L’Union européenne s’est fixée pour objectif de réaliser 20% d’économies d’énergie d’ici à 2020, mais elle devra redoubler d’efforts pour l’atteindre. L’UE est en effet très en retard sur son ambition .

« Il n’y a pas de crise énergétique, il n’y a qu’un gigantesque gaspillage d’énergie ». C’est ainsi que s’exprimait l’artiste allemand Friedrich Hundertwasser en observant les animaux. Il ne croyait pas si bien dire.

Les meilleures énergies sont celles qu’on économise. On estime à 20% les réductions d’énergie réalisables en évitant le gaspillage. C’est d’ailleurs le pourcentage auquel veut arriver les pays de l’Union européenne. L’objectif est de diminuer la consommation d’énergie de 20 % d’ici à 2020.

La solution la plus évidente est le comportement des individus. Les problèmes d’énergie ne peuvent pas uniquement être résolus par des progrès scientifiques. Ils peuvent être considérablement atténués par l’adhésion des usagers à l’objectif de maîtrise de la consommation. Il est en effet facile d’économiser de l’énergie quotidiennement. A condition d’utiliser une énergie qui ne dit pas son nom : la raison !

Chaque geste que nous faisons entraîne l’émission de gaz à effet de serre, soit directement, dans notre vie domestique à la maison (30% de l’énergie dépensée en chauffage, éclairage, électroménager,…), soit en conduisant nos voitures, ( 12 %), soit indirectement dans nos aliments. Logiquement, en pariant sur le bon sens, la maîtrise des énergies devrait impacter tous les domaines de consommation.

Après tout, qui va vouloir acheter quelque chose qui pollue, coûte cher, perd sa valeur rapidement, cause l’embarras et offense quand on pourra acheter quelque chose de sympa, élégant et durable ?
On peut donc faire preuve d’optimisme. Et si diminuer les émissions de CO2 devenait un passe-temps très tendance ? Et si on arrivait bientôt à produire plus d’énergie que le système n’en consomme. C’est un des vœux que l’on peut formuler pour le futur

Nous n’en sommes pas là.

Un rapport de l’association européenne de l’énergie éolienne (EWEA), publié le 4 janvier 2011, révèle que, pour lutter contre le réchauffement climatique, l’Europe devrait attendre son but de 20% d’énergie provenant de sources renouvelables (ENR) d’ici 2020. 20,7 % de la consommation énergétique et 34 % de la demande d’électricité seront couverts par des énergies renouvelables. Selon les données fournies par la Commission européenne, quinze Etats membres ont même dépassé leurs objectifs. Déjà, en 2009, 11,6 % de l’électricité européenne provenait du renouvelable. La Commission européenne s’attend à ce que 64 % des nouvelles capacités énergétiques installées dans la décennie 2011-2020 soient renouvelables.

Les 27 se sont fixés trois objectifs d’ici à 2020 : réduire leurs émissions de gaz à effet de serre de 20% par rapport à leurs niveaux de 1990, porter à 20% la part des énergies renouvelables dans la consommation globale, et enfin atteindre 20% d’économies d’énergies.

Si les Etat membres consentent à d’importants efforts pour les Energies renouvelables, la situation est différente pour les Economies d’énergie. « Il est réaliste de penser que nous atteindrons l’objectif de 20 % pour les énergies renouvelables, mais nous n’arriverons qu’à 10 % pour l’efficacité énergétique si nous restons sur la base actuelle », (alors que l’objectif fixé est de 20% également), a expliqué le président de la Commission européenne, Manuel Barroso, le 5 janvier dernier. Le bilan des économies à ce jour réalisées n’est pas des plus encourageants. Pourtant, il existe un potentiel énorme d’économies d’énergies à réaliser dans les secteurs des transports et des bâtiments.

Ce retard peut s’expliquer par le fait que les plans d’actions sont nationaux et non contraignants, avait précisé, en novembre 2010, le Commissaire à l’Energie, Gunther Oettinger. L’UE « n’a pas réalisé suffisamment de progrès dans le domaine de l’efficacité énergétique », a-t-il déploré, et ce malgré le fort potentiel d’économies d’énergies qu’il est possible de réaliser, dans les secteurs des transports et du chauffage des bâtiments, notamment. Günther Oettineger avait alors fait part de la volonté de la Commission de rendre ses programmes « contraignants et contrôlables ».
A bon entendeur, meilleurs voeux

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Au sujet de Yan de Kerorguen

Ethnologue de formation et ancien rédacteur en chef de La Tribune, Yan de Kerorguen est actuellement rédacteur en chef du site Place-Publique.fr et chroniqueur économique au magazine The Good Life. Il est auteur d’une quinzaine d’ouvrages de prospective citoyenne et co-fondateur de Initiatives Citoyens en Europe (ICE).

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ENVIRONNEMENT, ETUDE

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