79% des dirigeants de petites entreprises (TPE) interrogés estiment que leurs préoccupations et contraintes n’ont pas été prises en compte par le gouvernement. 69% d’entre eux pensent que Nicolas Sarkozy a peu de chances d’être réelu en 2012

Le 40ème baromètre de conjoncture des Très Petites Entreprises, réalisé par l’Ifop pour Fiducial, (qui fête son 10ème anniversaire) souligne que l’année 2011 verra une situation tendue dans l’emploi.

L’emploi pâtit d’un équilibre financier précaire et d’un manque de visibilité pour 2011

Alors que le niveau des embauches sur les trois derniers mois est élevé (14%, soit +5 points par rapport au précédent baromètre), tendance traditionnellement observée pendant l’été et en septembre, les prévisions pour la fin de l’année sont pessimistes. La création nette* devrait être négative (-2,5%), particulièrement dans le secteur des services, que ce soit à la personne (-4%) ou aux entreprises (-5%).

Les prévisions pour 2011 ne sont pas meilleures. Seuls 9% des patrons de TPE envisagent d’augmenter leurs effectifs au cours de l’année prochaine. Il s’agit du niveau le plus bas depuis la mise en place de cet indicateur en 2007 (-16 points par rapport à janvier 2007 et 5 points par rapport à octobre 2009).

Ces résultats s’expliquent en partie par une situation financière des TPE qui s’avère toujours difficile avec un indicateur** négatif (-18) sur les trois derniers mois pour le 12ème trimestre consécutif. Bien que la prévision de croissance pour 2011 soit positive (+2,4%) il faut nuancer ce résultat car 49% des TPE n’ont pas dévoilé de prévisions, déclarant n’avoir aucune visibilité à ce jour leur permettant de s’exprimer sur l’année à venir.

Patron de TPE : pas toujours facile

Les principales raisons citées par les patrons interrogés pour s’être lancés dans l’aventure entrepreneuriale sont : le souhait de ne pas avoir à rendre de comptes à un supérieur (48%) et la passion pour le métier ou le domaine d’activité (42%).

Pour 60% des patrons de TPE, leur situation actuelle correspond aux objectifs et aux ambitions qu’ils avaient au moment où ils ont créé ou repris leur entreprise. Pour les autres, ce n’est pas le cas, et la plupart du temps (79%), le décalage entre le projet et la réalité s’avère un peu décevant.

Parmi les entreprises qui existent depuis plus de 10 ans, seules 14% ont connu une augmentation de leurs effectifs alors que 34% ont vu les leurs diminuer. Leur situation générale s’est détériorée pour 36% d’entre elles, a progressé (14%) et stagné (50%). Cela conduit 75% de ces patrons à considérer qu’il est plus difficile d’être chef d’entreprise maintenant qu’il y a 10 ans.

En tout état de cause, une forte proportion de patrons de TPE retenterait l’aventure (73%) si c’était à refaire ou conseillerait même à ses enfants et petits-enfants de devenir chef d’entreprise (63%).

Pour l’avenir, 51% des patrons de TPE souhaitent maintenir la taille actuelle de leur entreprise au cours des dix prochaines années quand 20% ambitionnent de l’augmenter (dont 8% de ces derniers envisagent de la porter à plus de 20 salariés). 49% prévoient une diversification de leurs activités et 19% pourraient créer ou reprendre une nouvelle entreprise.


Les dirigeants de PME, les réformes et le gouvernement

Avant même l’annonce du remaniement, la cote de confiance du Premier ministre regagnait 8 points en un trimestre (41% d’opinions positives). 56% des patrons de TPE jugent la réforme des retraites acceptable mais elle est injuste pour 43% des dirigeants. Le consensus s’opère tout de même sur un point à propos de cette réforme, 79% des dirigeants interrogés estiment que leurs préoccupations et contraintes n’ont pas été prises en compte.

Lorsqu’on les interroge sur les chances de Nicolas Sarkozy d’être réélu à la présidentielle de 2012, 69% répondent par la négative.
83% des dirigeants déclarent être très inquiets sur le déficit et la dette publique de la France, 27% sont même « très inquiets » à ce sujet. 65% des patrons de TPE invitent le gouvernement à aller plus loin dans la réduction et la suppression des niches fiscales, et ce, alors que selon eux elles désavantageraient plutôt, comme les hausses d’impôts, les actifs (49 %) et les entreprises (17 %).

Comme le souligne Jean-Marc Jaumouillé, directeur des techniques professionnelles de Fiducial : « Les prévisions d’emploi pessimistes pour l’année 2011 reflètent une inquiétude des patrons de TPE, qu’une croissance trop molle ne réussit pas à infléchir. Le manque de visibilité nuit à l’investissement et à l’emploi. Et le gouvernement ne semble pas leur envoyer de signaux clairs.

A ce titre, la nomination d’un nouveau secrétaire d’Etat à la 30ème place protocolaire des ministres (sur 31) n’est pas de nature à restaurer leur confiance en l’avenir ».

Au sujet de Yan de Kerorguen

Ethnologue de formation et ancien rédacteur en chef de La Tribune, Yan de Kerorguen est actuellement rédacteur en chef du site Place-Publique.fr et chroniqueur économique au magazine The Good Life. Il est auteur d’une quinzaine d’ouvrages de prospective citoyenne et co-fondateur de Initiatives Citoyens en Europe (ICE).

Catégorie(s)

ECONOMIE, ETUDE

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