Avec la réforme des finances locales, les professionnels de la culture craignent une chute des aides publiques. Ils appellent à une manifestation le 29 mars 2010

Annoncée pour le printemps-après les élections régionales-, la réforme des finances locales consécutive à la suppression de la taxe professionnelle suscite d’ores et déjà un vent de contestation et d’inquiétude chez les professionnels de la culture. Leurs organisations appellent à une manifestation le 29 mars à Paris en martelant une donnée chiffrée souvent méconnue : les collectivités territoriales assurent près de 70 % du financement public de la culture.

Avec la fin de la taxe professionnelle, un nouveau coup est porté aux recettes des collectivités locales, l’Etat ne s’étant à ce jour engagé qu’à compenser la perte des revenus des dites collectivités qu’au titre de 2010. Quelques-uns des plus notables parmi les notables locaux-y compris Alain Juppé et Jean-Pierre Raffarin- n’avaient d’ailleurs pas manqué de s’insurger en termes vifs contre cette réforme engagée « tambour battant » par l’Elysée.

« De nombreux élus locaux nous ont prévenus, assurent les associations et syndicats du spectacle à l’origine de la manifestation du 29 mars : si cette « Contre réforme » était votée au Parlement, les régions et les départements – et, par effet domino, les villes – seraient contraints de diminuer de manière catastrophique leurs aides à l’art et à la culture, même en conservant la compétence culturelle. ».

Là se situe en effet le nœud du problème : les collectivités se voient officialiser leur mission dans le domaine culturel sans disposer des ressources indispensables. Devant faire face à la croissance des engagements financiers pour l’action sociale-avec un taux de chômage avoisinant les 10 %- les conseils généraux risquent bien en effet de sabrer encore dans le secteur de la culture.

Délégué Ile-de-France du Syndicat national des entreprises artistiques et culturelles (SYNDEAC), Jacques Pornon dénonce « le machiavélisme » de l’Etat. Et de citer la déclaration du Président de la République lors de ses vœux 2010 aux professionnels de la culture : « L’Etat non seulement préservera la compétence culturelle des collectivités territoriales, mais invite toutes ces collectivités à redoubler d’effort en faveur de la culture. »

Lors de la campagne des élections régionales, certes certains chefs de liste, notamment en Ile-de-France, se sont engagés à relever le montant des crédits accordés à la culture. Reste que ces dernières années, on aura assisté à une compression effective des crédits accordés par les collectivités locales. Les acteurs locaux du spectacle vivant en ont tiré les conséquences. Jacques Pornon précise ainsi que la scène nationale, qu’il dirige, à Saint-Quentin en Yvelines, a du cette saison 2009-2010 supprimer dix spectacles par rapport au programme de la saison précédente et réduire de 40 % l’enveloppe globale consacrée au paiement des intermittents.

Aussi, les professionnels du spectacle revendiquent-ils aujourd’hui l’élaboration et le vote d’une loi d’orientation et de programmation pour la culture et la création. Une loi qui inclurait notamment pour les collectivités territoriales une garantie des compétences… et des ressources.

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