Adopté à l’Assemblée nationale, le jeudi 4 février, le nouveau « service civique » devrait remplacer, dès le mois de mars, l’actuel service civil volontaire, jugé trop compliqué, trop méconnu, trop élitiste.

Exit donc le « service civil volontaire », (SCV) qui lui-même avait remplacé le service militaire obligatoire, supprimé en 1996 par Jacques Chirac, bienvenue au « service civique », voulu plus démocratique

Le premier n’aura enrôlé, depuis sa création en 2006, que 2.500 jeunes par an, essentiellement des diplômés. Il n’aura attiré que 9 000 volontaires. Le second devrait concerner 10 000 jeunes de 16 à 25 ans en 2010 puis 15000 chaque année pour totaliser 75 000 à l’horizon 2015, soit 10% de cette classe d’âge.

De quoi s’agit-il ? Ce service civil relooké par le Haut commissaire aux Solidarités actives et à la Jeunesse, Martin Hirsch, permettra à chaque jeune en panne de projet, qu’il soit de nationalité française ou qu’il réside en France depuis un an, d’effectuer une mission volontaire d’intérêt général, dans des organismes à but non lucratif, dans des fondations sauf les fondations d’entreprises, dans des collectivités locales ou des administrations nationales, en France ou à l’étranger.

La nouveauté est que ces missions donnent plus de place à l’aventure humaine : intervention humanitaire après une catastrophe naturelle, sensibilisation aux enjeux du développement durable , aide aux sans-abris, éducation à la santé, soutien scolaire, encadrement sportif, information sur la sexualité dans les lycées, rénovation d’un centre d’hébergement.

Autre nouveauté: les trimestres du service seront valorisés dans les établissements secondaires et comptabilisés pour le calcul des droits à la retraite. Chaque jeune recevra 540 euros par mois (640 euros pour les diplômés) pour une durée de 6 à 12 mois. La période du service sera intégrée au calcul.
Pour certains commentateurs ce dispositif représente une «arme anticrise ».
Vu le taux de chômage, c’est une manière d’occuper sainement les jeunes ». Pour d’autres, c’est un « cache crise » qui ne peut pas être considéré comme un dispositif d’insertion et ne fait que repousser les problèmes. Il ne répond pas à la gravité du chômage des jeunes.

« Le service civique devrait entrer en vigueur très vite » a assuré Martin Hirsch. Coût de l’opération : 500 millions d’euros. Seul problème, à part une enveloppe de 40 M€ allouée pour 2010 par le gouvernement, les fonds n’ont pas encore été trouvés. Déjà, les associations s’interrogent sur la pérennité de son financement…

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Au sujet de Yan de Kerorguen

Ethnologue de formation et ancien rédacteur en chef de La Tribune, Yan de Kerorguen est actuellement rédacteur en chef du site Place-Publique.fr et chroniqueur économique au magazine The Good Life. Il est auteur d’une quinzaine d’ouvrages de prospective citoyenne et co-fondateur de Initiatives Citoyens en Europe (ICE).

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GENERATION, Le Magazine

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