Décriés par les uns, adulés par les autres, le statut de l’Auto-Entrepreneur rencontre un indéniable succès.

Il y a aujourd’hui entre 250 000 et 300 000 personnes inscrits dans la démarche de l’autoentrepreneuriat.

Un nombre important qui surprend même François Hurel, l’ « inventeur » de ce régime et président de l’UAE (Union des Auto-Entrepreneurs) : « C’est un succès auquel on ne s’attendait pas. Au-delà de cet engouement quantitatif imprévu, le dispositif est également un grand succès qualitatif. Alors que la crise affecte les revenus et le moral de nombreux français, ces « nouveaux entrepreneurs » sont épanouis, optimistes et réfléchis » a-t-il déclaré en présentant le 9 décembre 2009, la création d’un Observatoire de l’Auto-Entrepreneur. « Il s’agit d’une sorte de Baromètre régulier qui rendra compte en continu de ce que projettent et attendent les Auto-Entrepreneurs », précise le président de l’UAE.

Près d’un an après le lancement du régime de l’Auto-Entrepreneur, le premier Observatoire* révèle que 83% des Auto-Entrepreneurs sont satisfaits de leur nouveau statut. Une satisfaction qui repose surtout sur le sentiment de liberté et d’autonomie.

Selon cette étude, les Auto-Entrepreneurs apprécient particulièrement la simplicité des démarches effectuées. Les 2/3 d’entre eux n’ont rencontré aucune difficulté lors des diverses étapes de leur parcours. Enfin, ils se félicitent du fait que les charges sociales et fiscales auxquelles ils sont soumis ne soient dues que lorsqu’ils réalisent un chiffre d’affaires.

Le statut permet de pouvoir débuter ou arrêter facilement une activité indépendante, que l’on soit étudiant, salarié, fonctionnaire, demandeur d’emploi ou retraité. 4 Auto-Entrepreneurs sur 10 sont exclusivement Auto-Entrepreneurs : 39% exercent leur activité à titre exclusif, 29% sont salariés, 17% retraités, 3% fonctionnaires et 2% étudiants.

Au-delà de la satisfaction exprimée à l’égard du régime, 70% des Auto-Entrepreneurs se disent confiants dans l’avenir de leur activité . Ils prévoient une croissance de 50% de leur volume de chiffre d’affaires en 2010. Ces derniers prévoient de réaliser un chiffre d’affaires d’environ 18.400 €, soit un chiffre d’affaires mensuel de 1.530 € (TTC). Cet optimisme est conforté par un « indice de confiance » qui se situe à 70 sur une échelle de 0 à 100.

7 Auto-Entrepreneurs sur 10 ont déjà vendu ou facturé : parmi ceux qui ont vendu ou facturé en 2009, les Auto-Entrepreneurs ont réalisé en moyenne 5.200 € (TTC) de chiffre d’affaires, soit un revenu mensuel de 775 € net.

Les Auto-Entrepreneurs y consacrent 56% de leur temps ce qui leur rapporte plus d’un tiers de leur revenu global.

Qui sont les Auto-Entrepreneurs ?
4 Auto-Entrepreneurs sur 10 sont des femmes et ils sont âgés de 44 ans en moyenne : 60% sont donc des hommes, 16% ont moins de 30 ans, 33% ont plus de 50 ans et 51% sont âgés de 30 à 40 ans.
Ils sont implantés dans toutes les régions : 29% exercent dans la région sud-est, ils sont 24% à être implantés en région parisienne, 19% dans le nord-ouest, 17% dans le nord-est et 10% dans le sud-ouest.

7 Auto-Entrepreneurs sur 10 opèrent dans le secteur des services et seulement 1 sur 10 exerce dans la construction : 39% travaillent dans les services aux particuliers, 28% dans les services aux entreprises, 16% dans le commerce, 12% dans la construction, 4% dans l’industrie et 1% dans l’agriculture

Selon Francois HUREL, Président de l’UAE, « cette première vague de l’Observatoire de l’Auto-Entrepreneur que nous réaliserons désormais chaque trimestre, nous permet de mieux connaître la réalité du phénomène Auto-Entrepreneur. Il conforte notre conviction initiale que ce régime va stimuler en profondeur et durablement l’entrepreneuriat en France. A un moment où la crise érode les revenus de plusieurs catégories de salariés, l’Auto-Entrepreneuriat génère des compléments de revenus appréciables dans un tel contexte, en mobilisant peu de financements publics. En outre, ce régime permet de sensibles progrès en matière de parité, de sortie du travail au noir et de maintien en activité des demandeurs d’emploi. L’Auto-Entrepreneur représente donc une avancée considérable, non seulement sur le plan économique, mais également et plus qu’attendu, sur un plan social et sociétal. L’UAE entend donc poursuivre et amplifier son action d’accompagnement des Auto-Entrepreneurs afin de préserver et d’améliorer ce vecteur incontestable de reprise et de changement culturel à l’égard de l’entrepreneuriat. »
Une chose est sûre, le système ne laisse pas indifférent. Les détracteurs de se nouveau régime pensent que l’Auto-Entrepreneur pourrait sonner la fin du salarié, et plongé ces nouveaux acteurs de l’économie dans une précarité généralisée sans aucune protection sociale pour l’instant.les défenseurs eux, y voient au contraire une liberté de plus qui laisse le jeu ouvert et facilite l’initiative de ceux qui n’ont pas forcément de moyens mais ont des idées.

*Réalisé par l’institut OpinionWay pour l’Union des Auto-Entrepreneurs (UAE) avec le soutien de la Fondation Le Roch-Les Mousquetaires, fin octobre

www.union-autoentrepreneurs.com

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Au sujet de Yan de Kerorguen

Ethnologue de formation et ancien rédacteur en chef de La Tribune, Yan de Kerorguen est actuellement rédacteur en chef du site Place-Publique.fr et chroniqueur économique au magazine The Good Life. Il est auteur d’une quinzaine d’ouvrages de prospective citoyenne et co-fondateur de Initiatives Citoyens en Europe (ICE).

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ECONOMIE

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