Rassemblés à Chamonix les 9 et 10 novembre 2009, à l’occasion des 4èmes Rencontres du Mont-Blanc, 200 dirigeants de 35 pays ont traité de la crise alimentaire mondiale, en présence d’émissaires de plusieurs institutions des Nations Unies (PNUD, BIT, PAM, FAO) ainsi que de représentants de l’ACI, de l’AIM, et de centres de recherche. Ce Forum International des dirigeants de l’Economie Sociale a réaffirmé sss engagements pour le futur et lancent 5 appels.

Les 5 appels des dirigeants de l’économie sociale

 Les RMB demandent aux Etats d’inclure la question de l’eau dans la Convention de Copenhague.

 Alors que les négociations internationales de l’OMC sont sur le point de reprendre à Genève, les participants aux 4èmes Rencontres du Mont-Blanc tiennent à exprimer leur opposition au volet agricole de ces négociations, rejoignant les positions exprimées par le mouvement pour l’Organisation Mondiale de l’Agriculture (Momagri), afin que l’agriculture en soit exclue à l’égal de la culture.

 Les RMB lancent un appel pressant à la Commission européenne parce qu’elle aussi considère l’agriculture comme un secteur spécifique et stratégique et donc élabore une nouvelle politique européenne en conséquence, contrairement à ce qu’elle est en train de préparer.

 Les RMB demandent à la FAO lors de son Sommet de la semaine du 16 novembre 2009 d’inclure l’Economie Sociale comme la référence incontournable des stratégies à mettre en œuvre.

 Les RMB demandent à l’ONU de créer une plate-forme Economie Sociale entre les différentes agences internationales (PNUD, FAO, PAM, BIT, CNUCED).

L’économie sociale…

 affirme un devoir de résistance face à la montée des inégalités, à la destruction des sols, au gaspillage de l’eau, à la pénétration du capital dans les besoins vitaux :
l’air, l’eau, la terre et les semences.

 interpelle les grandes compagnies internationales sur leurs stratégies, en lien avec les mouvements syndicaux et les mouvements sociaux.

 affirme la modernité des principes de l’Economie Sociale – alternative concrète – pour traiter les problèmes de production et de consommation et en particulier.

 affirme la nécessaire ouverture de l’Economie Sociale en direction :
. du commerce équitable,
. des circuits courts entre producteurs et consommateurs et le partage du risque entre eux,
. de l’agriculture biologique.

2. Les Rencontres du Mont-Blanc débouchent sur des engagements concrets

 en fédérant autour de projets existants de nouvelles forces, de nouveaux moyens financiers, humains et de matière grise. En particulier :

le projet de notation durable des coopératives agricoles conduit par Coop Fédérée (Québec) et Coop de France (en Bolivie et en Chine), en faisant le lien avec les projets de nouveaux modèles coopératifs agricoles soutenus par Coop Africa (10 pays),

l’expérience d’agriculture écologique intensive expérimentée par la coopérative agricole française Terrena avec Coop Fédérée ou encore la coopérative Nouricia,

l’expérience d’outils fonciers reposant sur l’appel public à l’épargne à partir de l’exemple de Terres de lien en France.

 la promotion de projets nouveaux et structurants :
. en s’inspirant de l’exemple des logiciels libres (AI2L),

développer un programme de protection (propriété intellectuelle) des semences libres et de libre accès aux producteurs,

élaborer une « Charte du Mieux manger », la promouvoir dans l’ensemble des entreprises de l’Economie Sociale, la mettre en pratique dans nos restaurations collectives et faire des expériences régionales de promotion de cette charte,

mobiliser des secteurs agricoles et financiers de l’Economie Sociale pour favoriser la mise en place d’une chaire internationale de micro biologie,

l’appui aux acteurs ruraux : promouvoir une campagne visant à libérer les jeunes filles du « portage d’eau », qui les écarte de l’école (One Drop),

mettre en place un programme sur la contribution de l’économie sociale au fait de mieux nourrir la planète en collaboration avec diverses ONG.

3. Les Rencontres du Mont-Blanc entendent développer des partenariats :

 liés à l’ONU : avec le BIT (nouveaux modèles de coopératives), le PNUD, la FAO, le PAM (groupe de travail sur un « prix d’achat durable »), l’ACI (micro-finance),
l’AIM (assurance-santé),

 avec des instituts de recherches (Research Foundation for Science Technology and Resources Policies en Inde, Pesticides Eco Alternative Center en Chine, Agence Nationale de la Recherche en France, Laboratoire d’Analyse Microbiologique des Sols)…

 avec les réseaux régionaux de l’Economie Sociale (Euromed, Conférence Panafricaine des Coopératives).

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