Les initiatives sociales et collectives peuvent contribuer au bonheur. Telle est la conviction du Crédit Coopératif qui a réuni 800 personnes sur ce sujet lors de sa 29 ème Rencontre Nationale le 8 octobre 2009.

« Dans notre démarche d’utopie mobilisatrice nous avons eu l’immodestie en cette période de crise majeure, d’apporter notre contribution à la question de la recherche du bonheur… (…)Nous devons nous rappeler que nous ne sommes pas seulement des individus, mais bien plus, des « Hommes », c’est à dire des êtres mus par des sentiments et la raison et qui interagissent avec les autres », a lancé en introduction Jean-Louis Bancel, président du Groupe Crédit Coopératif.

En cette période de remise en cause des principes sociétaux, alors qu’émerge une véritable crise morale, hommes de réflexion et d’action ont confronté, dans un esprit toujours constructif, leurs idées et initiatives sur la contribution de l’économie sociale à la quête du bonheur.

Comment définir le bonheur ? Est-il en chacun ? Pour Gilles Lipovetsky, philosophe et sociologue, ce qui est une nécessité pour l’homme, c’est d’être en relation, de faire société. Pour le paléoanthropologue Pascal Picq aussi, l’homme isolé ne peut accéder au bonheur. Patrick Doutreligne, délégué général de la Fondation Abbé Pierre, a témoigné du nécessaire engagement de chacun pour que tous « les autres » vivent leur dimension humaine dans la dignité. L’homme a besoin de projets, de passion pour construire une vie, sa relation à l’autre, son rapport au monde.

Cette passion, qui peut être partagée, constitue pour Françoise Nyssen, présidente du directoire d’Actes Sud, le point central de l’accomplissement individuel. Les mentalités et les attentes sont en transformation, a insisté Jean Etienne Chapron, rapporteur général de la Commission de mesure de la performance économique et du progrès social (Commission Stiglitz). Ce qui manque à nos sociétés, aux personnes, ce sont les projets collectifs « alors que l’enjeu fondamental est la transformation collective du monde », a rappelé Nadine Richez–Battisti, maître de conférences en sciences économiques (Université de la Méditerranée). Aujourd’hui, des entrepreneurs sociaux déclinent à leur façon solidarité, éthique et responsabilité sociale, a détaillé Philippe Lemoine, président du Forum Action Modernités et président de la FING, avec des engagements efficaces et remarquables.

Dans cette quête du bonheur collectif, l’économie sociale peut et doit jouer un rôle central. Représentant le gouvernement, Laurent Wauquiez, secrétaire d’état chargé de l’emploi a témoigné son intérêt pour cette économie et sa capacité à créer de l’emploi. Le ministre a adressé un signe positif- à l’heure où des menaces pèsent sur la délégation interministérielle à l’économie sociale- en annonçant qu’une mission parlementaire venait d’être confiée à Francis Vercamer, député, pour améliorer l’environnement de l’économie sociale et de l’entreprenariat social à la lumière des exemples étrangers.
Bientôt plus d’éléments en ligne sur: www.mycoop.coop. Compte-rendu intégral de la Rencontre Nationale disponible fin décembre dans Proches 21, magazine des sociétaires du Crédit coopératif

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Au sujet de Yan de Kerorguen

Ethnologue de formation et ancien rédacteur en chef de La Tribune, Yan de Kerorguen est actuellement rédacteur en chef du site Place-Publique.fr et chroniqueur économique au magazine The Good Life. Il est auteur d’une quinzaine d’ouvrages de prospective citoyenne et co-fondateur de Initiatives Citoyens en Europe (ICE).

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