La multiplication des offres de micro-crédit via téléphonie mobile fait de l’Afrique la rampe de lancement de services innovants qui pourraient être déclinés demain en Europe.

Fin 2008, 270 millions d’Africains sur près d’un milliard étaient abonnés à un opérateur de téléphonie mobile. Ce nombre devrait quasiment doubler à l’horizon 2013. Le mobile connaît en Afrique une explosion fulgurante. Orange, par exemple, a vu en 2007 le volume de ses abonnements progresser de plus de 40 % sur le continent.
Parallèlement, l’Afrique enregistre des taux de bancarisation extrêmement faibles. Selon la Banque mondiale, moins de 20 % des ménages ont accès aux services bancaires. Localement, ce taux peut descendre en-deça de 5%.
Bref, dans certains pays, le pourcentage de la population équipée d’un téléphone portable dépasse le taux de citoyens bancarisés. Dans certaines zones, le nombre de terminaux mobiles est même supérieur à celui des prises électriques…

Explosion du mobile, faible bancarisation… Et pourquoi ne pas utiliser le portable comme une carte de paiement ? Pour proposer aux citoyens des services minimaux d’échanges commerciaux, mais aussi pour leur offrir un accès à des dispositifs d’émancipation économique, notamment via le micro-crédit.
C’est la finalité du mobile banking, qui multiplie les initiatives sur le continent africain. Mobile banking, Mbanking, m-payement, SMS Banking… Quelle que soit la désignation utilisée, le principe le même: le détenteur d’une carte SIM peut, via un SMS, envoyer et recevoir de l’argent, payer une facture, détenir un compte, obtenir un micro-financement…

La multiplication des initiatives fait de l’Afrique le berceau de services innovants qui pourraient être lancés demain en Europe. Pionnier de ce modèle, Safaricom, le leader des opérateurs mobile au Kenya, qui enregistre plus de 1 000 nouveaux abonnés par jour. Avec M-Pesa, Safaricom et Vodafone permettent aux abonnés d’envoyer des fonds qui peuvent ensuite être retirés dans les magasins de téléphonie mobile sur tout le territoire. La plate-forme de mobile banking assurer également la distribution et le remboursement de prêts accordés par une institution de micro finance. En deux ans, l’offre a rallié plus de 3 millions de clients.

D’autres opérateurs se sont lancés, comme Wizzit, banque mobile sud-africaine proposant des services à moindre coût. En mars 2009, un autre opérateur sud-africain, MTN, a annoncé le lancement en Côte d’Ivoire d’un service bancaire permettant aux clients de régler des achats ou de vérifier le solde de leurs comptes par SMS. L’entreprise d’étendre très prochainement son offre à vingt autres pays d’Afrique.
Orange, implanté dans une quinzaine de pays du continent, n’a pas tardé à lancer son propre protocole de mobile banking, en le testant d’abord en Côte d’Ivoire. Avant de le déployer au Sénégal ou encore au Mali, notamment au travers d’un accord avec PlaNet Finance, organisation de microcrédit active dans près de 80 pays.

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Au sujet de Muriel Jaouën

Journaliste de formation (ESJ Lille, 1990), Muriel Jaouën publie régulièrement dans le magazine de Place-Publique.Ses spécialités : économie sociale, développement durable, marketing, communication, organisations, management.

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ECONOMIE

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