Parce qu’il favorise les échanges étudiants et contribue à l’ouverture et la modernisation de l’enseignement supérieur, le programme Erasmus incarne toujours, après 22 ans d’existence, le projet d’une Europe humaniste. C’est ce que montre une étude récente sur l’impact du programme.

«Erasmus a été l’initiateur de quelques-unes des plus grandes réformes entreprises à ce jour dans l’enseignement supérieur en Europe». Rien que ça ! Jan Figel, commissaire européen en charge de l’éducation, de la formation, de la culture et de la jeunesse, ne mâche pas ses mots.

Erasmus ?

L’enseignement en Europe peut lui dire merci ! Le programme communautaire pour la mobilité et la coopération dans l’enseignement supérieur (European Region Action Scheme for the Mobility of University Students), créé en 1987, a joué un rôle moteur dans l’internationalisation des cycles universitaires, à l’échelle de l’Europe, mais également aux niveaux nationaux et même dans le monde entier, au travers du programme Erasmus Mundus (voir encadré).

A croire le commissaire européen, sans Erasmus, pas de processus de Bologne. [[Par lequel 46 pays européens ont décidé de créer un espace européen de l’enseignement supérieur d’ici à 2010]].Sans Erasmus, de nombreuses mesures n’auraient peut-être pas vu le jour. Jugeons plutôt : adoption d’un système de diplômes aisément lisibles et comparables, création d’un système de transfert d’unités de cours capitalisables, assurance de la qualité et la délivrance de diplômes communs et doubles…
Erasmus a donc pesé dans l’amélioration, l’ouverture et la modernisation des établissements d’enseignement supérieur. Pour la grande majorité d’entre eux, la participation au programme les a conduits à innover dans les méthodes d’enseignement et d’apprentissage, la reconnaissance des périodes d’études, les services d’aide aux étudiants, les activités de recherche, la coopération avec les entreprises et la gestion institutionnelle.

Une enquête menée auprès d’environ 750 directeurs d’établissements et plus de 1 800 coordonnateurs Erasmus à la fois dans les bureaux internationaux et les facultés montre à quel point le programme, 22 ans après son lancement, continue de marquer le paysage universitaire. Les effets positifs sur les étudiants semblent indubitables : élévation du niveau des compétences et amélioration de la capacité d’insertion professionnelle notamment. Mais le bénéfice du programme atteint également la sphère institutionnelle, en particulier dans les établissements de plus grande dimension et dans les nouveaux États membres. La mobilité des étudiants a non seulement motivé la création de bureaux internationaux et de services d’aide aux étudiants aussi bien mobiles que résidents, mais elle a également encouragé de nouvelles méthodes d’enseignement et incité au partage des bonnes pratiques. Pour plus de 85 % des coordonnateurs, Erasmus a boosté la modernisation des programmes universitaires et apporté plus de transparence au transfert des qualifications. Cela, grâce notamment à la généralisation du système européen de transfert d’unités de cours capitalisables (ECTS).

Les effets vertueux d’Erasmus concernent également l’univers de la recherche, plus ouverte aux initiatives internationales, selon 90 % des coordonnateurs. Et donc plus perméable à la concurrence et à la quête d’excellence. D’où, sans doute, un recours plus systématique aux normes de qualité. Plus étonnant : pour 30 % des établissements, la coopération entre universités et entreprises se trouverait renforcée.

Quelques chiffres

Erasmus est doté d’un budget d’environ 450 millions d’euros par an au titre du programme communautaire pour l’éducation et la formation tout au long de la vie 2007-2013. Les chiffres révèlent une progression du nombre de séjours à l’étranger de 3% pour les étudiants et de 10% pour les professeurs d’université en 2006-2007 par rapport à l’année académique précédente, ce qui représente un total de quelque 160 000 étudiants et 26 000 professeurs pour cette seule année.

C’est dans les pays d’Europe centrale et orientale ainsi qu’en Turquie que l’augmentation du nombre de participants au programme est la plus marquée.

Erasmus, version mundus

Au cours de la période 2009-2013, le budget prévisionnel du programme Erasmus Mundus s’élève à 950 millions d’euros, contre 609 millions d’euros pour la période 2004-2008. Ces quatre dernières années, plus de 10 000 bourses ont déjà été octroyées à des étudiants et à des universitaires du monde entier, pour un budget cumulé de 609 millions d’euros.

Le programme a permis à des étudiants originaires de pays tiers d’obtenir un diplôme en Europe et à des universitaires de partager leur expérience et de contribuer aux programmes d’études par des activités d’enseignement ou de recherche, en évitant la fuite des cerveaux.

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Au sujet de Yan de Kerorguen

Ethnologue de formation et ancien rédacteur en chef de La Tribune, Yan de Kerorguen est actuellement rédacteur en chef du site Place-Publique.fr et chroniqueur économique au magazine The Good Life. Il est auteur d’une quinzaine d’ouvrages de prospective citoyenne et co-fondateur de Initiatives Citoyens en Europe (ICE).

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ETUDE, Spécial Europe

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