Imaginons un robot. Un de plus, dira t-on. Mais celui-ci ne sera pas chargé de veiller sur la santé de la grand-mère ou de servir de baby-sitter à la petite dernière, car il s’agit d’un robot chercheur, découvreur, expérimentateur!

Un robot qui pourrait mettre au point des théories, les tester sans l’aide de l’homme. C’est ainsi qu’une équipe de chercheurs gallois ont créé Adam. Un nom évocateur pour ce qui est le premier robot capable de faire une découverte scientifique, mis au point au sein de Aberystwyth University http://www.aber.ac.uk, au Pays de Galles. Il s’agit en fait d’un robot qui automatise entièrement le processus scientifique de découverte. Ainsi Adam a fait des découvertes -tout seul- sur le génome de la levure de boulanger, qui ensuite ont été vérifiées. Il a identifié le rôle de plusieurs gênes dans les cellules de levure, et a été capable de planifier des tests…

Adam est donc capable de traiter automatiquement plusieurs étapes de recherches sans intervention humaine, manipuler des sources de réactifs, un incubateur, et autre matériel de biochimie, mais il va au-delà de la manipulation puisqu’il est capable de formuler des hypothèses- en l’occurrence il en a formulé 20- et les a testées. Il pourrait donc travailler quasi main dans la main avec des chercheurs humains dans un laboratoire. La levure a été ainsi choisie car ses gênes fournissent un modèle simple et proche du modèle de fonctionnement des cellules humaines, explique le professeur Ross King, un des pères d’Adam.

Selon lui, les robots sont nettement plus systématiques et organisés que les humains quand il s’agit de faire de nouvelles découvertes; ces derniers étant souvent réticents à tout mettre par écrit, de plus leurs notes ne sont pas toujours compréhensibles! De plus, explique-t-il, les robots utilisent une vraie logique pour exprimer leur savoir là où les humains utilisent leur langue, ce qui peut être est ambigu. Or, comme les organismes biologiques sont très complexes, il est important que les détails des expériences biologiques soient enregistrés avec la plus grande minutie.

Ross King, dont le travail a le soutien du Biotechnology and Biological Sciences Research Council (BBSRC), a annoncé que le prototype Adam devrait bientôt être rejoint par Eve, qui elle sera programmée pour travailler sur les maladies infectieuses comme la malaria. Le processus scientifique, on le sait, est de plus en plus automatisé, par exemple dans le cas du séquençage Adn ou de la mise au point de médicaments. Le robot chercheur peut s’avérer d’un bon secours pour rendre les procédures plus efficientes, quand il s’agit de travailler sur un grand nombre de données. Il peut répéter des centaines, des milliers de fois la même expérience. Toutefois pour le moment, Adam, demeure l’exécutant intelligent d’un projet initialement conçu par une intelligence, elle uniquement humaine !

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Au sujet de Estelle Leroy

Estelle Leroy-Debiasi est journaliste professionnelle, Diplômée en Economie, ex rédactrice en chef du quotidien économique La Tribune. Elle contribue régulièrement au site ElCorreo, site de la diaspora latinoamericaine.

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