Des panneaux solaires couvrant seulement 1% du désert suffirait à résoudre les problèmes d’énergie et d’eau dans le monde.

La planète abandonnée aux déserts ! C’est le signal d’alarme déclenchée depuis plusieurs années déjà par ceux qui s’inquiètent de l’avancée inexorable du désert dans le monde. Dans certaines régions comme l’Afrique ou l’Asie, l’intensification de l’érosion par ces tempêtes de sable sont les principales calamités. Elles submergent les routes, entraînent des pollutions et des épidémies, mais aussi la malnutrition, chassant les paysans vers les métropoles. L’Australie qui subit sa septième année consécutive de sècheresse parle de catastrophe. Force est de constater : la lutte contre la désertification est l’enfant pauvre de la lutte contre le changement climatique.

Dans leur malheur, les pays touchés par la désertification ont une chance : la possibilité de convertir l’inconvénient en avantage. Aujourd’hui avec la montée du coût du pétrole, l’énergie solaire commence à devenir compétitive. En utilisant cette énergie renouvelable, une fraction importante des besoins en énergie des pays frappés par la désertification serait couverte et donc permettrait de résoudre indirectement plusieurs problèmes, dont celui de l’eau.

Il faudrait installer des centrales solaires sur 0,3% de la superficie des déserts d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient pour pouvoir fabriquer l’électricité nécessaire à l’ensemble du bassin, Europe comprise. Concrètement, cette idée trouve son début d’application dans le projet de coopération transméditerranée d’énergie renouvelable*. Le TREC prévoit la construction d’ installations à concentration disposant d’un système de miroirs faisant converger la lumière du soleil et de centrales à cogénération permettant de désaliniser l’eau de mer. Les spécialistes qui se penchent sur cette question estiment que le coût du transport de l’énergie resterait rentable, grâce à la force de l’irradiation solaire du désert. Le 3 novembre 2007, la compagnie algérienne Neal s’est lancée dans l’aventure en programmant pour 2010 l’ouverture d’une centrale dans le Sahara et la construction d’une connexion électrique de 3000 km entre l’Algérie et l’Allemagne. Une autre centrale est en projet dans le désert du Sinaï pour alimenter en électricité la bande de Gaza. Un volet du projet TREC prévoit aussi la création d’une centrale de salinisation d’eau de mer au Yemen.

Au-delà du pourtour méditerranéen, le potentiel du solaire est mondial. Les zones désertiques sont à 99 % inhabitées. Elles représentent presque 25 % des surfaces émergées de la planète. Un ingénieur allemand, Gerhard Knies, a fait le calcul : « si 1% de la surface des déserts était couvert de panneaux solaires, cela suffirait à produire l’électricité nécessaire à l’ensemble de l’humanité ». Indirectement, cela permettrait d’arrêter l’avancée du désert et de contribuer à la paix dans le monde. On sait que dès 2020, le manque d’eau sera le problème mondial majeur et que c’est aujourd’hui un des enjeux des conflits entre pays. Pour toutes ces raisons, le soleil du désert, gratuit et non polluant, mérite bien des investissements. 

* Livre Blanc. « Clean power from désert »

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Au sujet de Yan de Kerorguen

Ethnologue de formation et ancien rédacteur en chef de La Tribune, Yan de Kerorguen est actuellement rédacteur en chef du site Place-Publique.fr et chroniqueur économique au magazine The Good Life. Il est auteur d’une quinzaine d’ouvrages de prospective citoyenne et co-fondateur de Initiatives Citoyens en Europe (ICE).

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ENVIRONNEMENT, ETUDE

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