Le vent, les courants, les marées, les vagues, la biomasse, la thermie… le potentiel énergétique de la mer est incommensurable.

Quelques chiffres situent tout de suite l’immensité de l’enjeu. L’océan reçoit chaque année de l’astre solaire une quantité d’énergie équivalente à plus de 1.000 fois la demande mondiale en énergie, soit entre 40 et 50 000 fois l’équivalent en calories de la consommation électrique mondiale.

C’est le plus extraordinaire stock d’énergie de la planète. Un réservoir sous utilisé dont seuls des scientifiques et des pionniers ont su, il y a quelques années, voir la richesse. Ils étaient bien seuls. Aujourd’hui, ils sont pris en considération.

Avec l’envolée des cours du pétrole, la créativité en matière d’énergie a pris des ailes. Les éoliennes marines, les hydroliennes, les récupérateurs de vagues font florès. Energie hydrothermique et biomasse du plancton…toutes ces ressources marines se présentent aujourd’hui comme des alternatives à la crise énergétique actuelle.

Pas assez de place sur la terre ferme ? Qu’à cela ne tienne, construisons des fermes sur les flots ! Pas assez de pétrole ? Eh, bien, plantons des moulins sur l’eau !

Au moment où le changement climatique se fait de plus en plus ressentir, cette créativité débordante est un bon signe.

Les caprices des prix à la pompe font dire aux écologistes que la hausse du baril est « une bonne chose pour la planète », selon l’expression consacrée. On a soudain l’impression qu’on a vécu des années de paresse pétrolière, ignorant les signes avant-coureurs de la crise énergétique. Et on se dit que la terre serait sûrement bien plus présentable si on avait écouté plus tôt ces verts et autres défenseurs de la nature qui agaçaient les politiques avec leurs utopies fleuries.

Aujourd’hui, sur fond d’inquiétude climatique, le bouquet énergétique éclot, tandis que les jours de l’or noir sont comptés. Une échéance semble faire date : 2050 ! La fin du pétrole ! La progression démographique de l’Asie, où se trouvent des pays massivement peuplés connaissant une très forte croissance de futurs acheteurs d’automobiles, a accéléré le processus.

Il n’y aura plus assez de carburant quand les Chinois et les Indiens auront chacun leur voiture. Ce qu’on appelle dans le langage des spécialistes le « peak oil », c’est-à-dire le moment où la moitié des réserves de combustible de la planète sont épuisées et à partir duquel la production décline, a commencé en 2006, affirment les experts d’EWG (Energy Watch Group).

Les compagnies pétrolières n’extrairont plus que 39 millions de barils par jour en 2030 contre 81 actuellement. Quand il n’y aura plus du tout de pétrole, les réserves de gaz qui sont trois fois plus importantes que les réserves pétrolifères prendront d’abord le relais. Ensuite, on ne sait pas trop ce qui se passera.

Uranium, hydrogène, méthane, hélium… les solutions plus lourdes, et parfois jugées aventureuses, sont en plein débat. En attendant, le réchauffement planétaire ne laisse de ponctuer le bulletin météo avec, chaque semaine, des nouvelles peu rassurantes sur les hausses de températures et la fonte de la banquise. Le recours aux sources d’énergie renouvelables est donc de plus en plus sollicité.

Le défi est clairement énoncé: il faut remplacer le pétrole ! Et les énergies vertes de la Grande Bleue peuvent nous aider.

La mer contient les éléments grâce auxquels l’homme pourrait se passer d’essence ou du nucléaire.

« Ce nouveau Far West représente une conquête équivalente – et même potentiellement bien supérieure – à celle qui conduisit l’homme sur la Lune » souligne Christian Buchet de l’académie marine ( Lire : « La mer, avenir de la terre).

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