Par Sergio Arzeni, Directeur du Centre pour l’entrepreneuriat. LEED-OCDE*

Quel est le plus sûr chemin pour créer de l’emploi ? Cette question est capitale. Et ma réponse est toujours la même : le plus profitable pour l’emploi c’est de créer des entreprises. Soit pour créer son propre emploi, soit pour en développer plusieurs. Sur le plan macro économique, l’équation est vite faite : petite entreprise = emploi. Les PME représentent 95% de la population des entreprises dans tous les pays. Elles constituent 60 à 70% de l’emploi total. Et parmi ces PME, ce sont les microentreprises de 1 à 10 salariés qui sont les plus nombreuses. Les pouvoirs publics ont pris conscience du poids économique que représentent la création et le développement des PME pour créer des emplois. Chacun reconnaît que la création d’entreprises locales est l’un des moteurs de la croissance. Mais il y a encore dans ce domaine un potentiel inexploité ou insuffisamment valorisé. L’outil ad hoc pour résoudre ce déficit est le développement de l’entrepreneurship, de l’«entrepreneuriat ».

Le Centre pour l’entreprenariat, les PME et le développement local (CFE), créé en juillet 2004, n’a pas d’autre objectif que de renforcer le développement de cette société entrepreneuriale propice à une croissance durable, grâce à la création d’emploi, l’innovation et la cohésion sociale en saisissant les opportunités offertes par la globalisation. Dans ce domaine, la vocation du CFE est de jouer un rôle de catalyseur pour développer les synergies entre les différents domaines d’expertise de l’OCDE mais aussi d’établir des recommandations pour les décideurs politiques afin qu’ils adoptent des mesures adaptées aux besoins des créateurs d’entreprise dans le cadre de stratégie de développement local.

Je suis convaincu que le développement de l’entrepreneurship est le meilleur outil pour réduire la pauvreté et le chômage. L’entrepreneurship repose sur plusieurs pieds : la formation à l’esprit d’entreprise ; la microfinance, le capital social par l’établissement de réseaux de confiance et la pleine exploitation des technologies de l’information. C’est avec cette architecture que la création d’entreprise trouve sa dynamique dans la création d’emplois. Pour y arriver, encore faut-il qu’il y ait un environnement public favorable qui privilégie l’initiative et non l’assistance. Il est prioritaire, pour les gouvernements, d’identifier les initiatives porteuses d’entreprises et d’emplois, de susciter les cadres de développement propices, d’appliquer des politiques simples qui facilitent leur réalisation.

Nos études le montrent : les incubateurs et pépinières, les systèmes productifs locaux et autres clusters forment sans conteste les meilleurs cadres pour que souffle l’esprit d’entreprise. Ils permettent d’accéder plus facilement aux financement, au capital social, à la formation et aux affaires. C’est par la dialogue entre privé, public et société civile mais aussi par l’analyse approfondie et l’expérimentation que l’on peut inciter à l’entreprenariat. Notre volonté est de promouvoir une culture d’évaluation des politiques locales et des programmes à l’égard de l’entreprenariat. Cette démarche consiste aussi de tester les bonnes pratiques dans des domaines encore trop peu pris en considération : les populations délaissées, les femmes, les jeunes, les travailleurs peu qualifiés, ou encore les émigrants.

*Le programme LEED et le Centre pour l’Entrepreneuriat forment une direction de l’OCDE originale au sein de cette organisation internationale. Réconcilier l’économique et le social est l’un de ses thèmes centraux . Elle publie une newsletter « CFE InSight » dont est issu le texte de Sergio Arzeni.

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