De nombreuses études (FAO, OCDE, organisations écologiques..) mettent en doute l’efficacité écologique et économique des biocarburants.

D’abord, ils consomment beaucoup d’eau. Le plus grave est que leur développement nécessite d’immenses superficies. Leur production favorise un usage massif d’engrais et de pesticide. Les coûts de production sont deux fois plus que les carburants classiques. Ils exigent beaucoup d’énergie (tracteurs, transports..) pour leur fabrication. Ils utilisent eux même de l’énergie fossile pour être produits et transportés. Le boom des biocarburants et la flambée des céréales déstabilise le marché mondial de l’alimentation, risquant d’aggraver la faim dans le monde. Ils font concurrence aux produits agroalimentaires provoquant une montée des prix des denrées agricoles qui entrent dans leur composition, en particulier le maïs, mais aussi le blé. Par extension, ils ont des effets néfastes sur le prix des produits alimentaires. Ils sont peu efficaces. Le colza produit peu d’énergie par ha. La betterave et le blé en produisent plus mais avec un bilan énergétique moins bon. Ils favorisent une monoculture intensive et accélèrent la destruction des écosystèmes. Les biocarburants sont voraces en surfaces. Ils poussent à la déforestation massive pour développer les cultures et mettent en péril la biodiversité. Au Brésil, les plantations de soja empiètent de plus en plus sur la forêt amazonienne, le poumon de notre planète. Quelques chiffres suffisent à donner un ordre d’idées. Pour compenser les quelques 50 millions de tonnes équivalent de pétrole consommées annuellement par le transport en France, il faudrait cultiver 118% de la superficie de l’hexagone en tournesol ! Entre 1985 et 2000 le développement des plantations de palmiers a été responsable de 87% de la déforestation en Malaisie. L’Indonésie, elle, a perdu 72% de sa surface forestière primaire. Ne satisfaire que 10% de la consommation actuelle des transports avec des biocarburants nécessiterait l’utilisation de 30 à 40% de la surface agricole mondiale. Pour remplacer l’intégralité du pétrole utilisé en France pour les transports, soit 50 Mtep (millions de tonnes équivalent pétrole), il faudrait mobiliser 3 à 4 fois les sur¬faces agricoles utilisées actuellement. Ce qui est impensable.

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Au sujet de Yan de Kerorguen

Ethnologue de formation et ancien rédacteur en chef de La Tribune, Yan de Kerorguen est actuellement rédacteur en chef du site Place-Publique.fr et chroniqueur économique au magazine The Good Life. Il est auteur d’une quinzaine d’ouvrages de prospective citoyenne et co-fondateur de Initiatives Citoyens en Europe (ICE).

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