Parce que la démocratie commence par le droit à l’information, et parce qu’un citoyen digne de ce nom a le devoir de s’informer, vous trouverez ici une liste d’ouvrages engagés : tous traitent d’enjeux sociétaux qui risquent de bouleverser en profondeur notre monde dans des années très proches. La totalité de ces livres, ou presque, donne des pistes pour contrer les risques parfois graves qui nous menacent à très court terme.


 Immigration, le Défi Mondial (Philippe Bernard, éditions Folio Actuel, prix éditeur 8,20€)

Cet ouvrage se veut un état des lieux de la situation actuelle en matière d’immigration en France : le lecteur y trouvera une définition élargie du terme, mais aussi un historique précis des différentes étapes de l’immigration, et quelques données chiffrées indispensables à connaître.

L’auteur, chef de rubrique au service « société » du Monde, pose quelques questions concrètes sur les enjeux de l’immigration sur les 20 prochaines années : quelles conséquences économiques, sociologiques, et surtout quel avenir pour une immigration réussie ?

De ces questions cruciales ressortent cinq objectifs concrets à réaliser :

 Un impératif au niveau de l’Education Nationale, facteur d’intégration.

 Un travail important à réaliser au niveau de l’intégration familiale, notamment via l’intégration des jeunes femmes.

 Le droit à un logement décent : Un immigré sur trois habite actuellement en HLM, 8% des ménages sont en surpeuplement.

 Un travail à réaliser au niveau de l’opinion publique qui a encore tendance à assimiler l’Islam à une poignée de nationalistes

 Une importance à redonner au devoir de mémoire, en réhabilitant notamment le rôle des tirailleurs algériens pendant la seconde guerre mondiale …

 Un refus des discriminations : à l’embauche, au logement, brimades policières, orientation scolaire au rabais.

Si la France réalise ces cinq défis simples, l’auteur parie sur une immigration saine et réussie.

A lire sur le même thème :

 Liberté, égalité, carte d’identité, Evelyne Ribert, éditions La Découverte

 L’immigration est une chance, Sani Naïr, éditions du Seuil


 Energie, changeons de cap ! Scénario pour une France durable (Didier Lenoir, éditions Terre Vivante)

Président du CLER (Comité de Liaison des Energies Renouvelables), ingénieur civil des Ponts et Chaussées et urbaniste qualifié, Didier Lenoir évoque dans cet ouvrage un sujet qu’il connaît bien : l’utilisation excessive des énergies fossiles au détriment des énergies renouvelables. Il sensibilise ici ses lecteurs aux dangers qui menacent la planète sur les 20 prochaines années :

 Un pic démocratique, puisque la Terre va passer de 6 à 9 milliards d’habitants en 2050

 Un pic de prélèvement des ressources naturelles et donc de raréfaction de celles-ci

 Un pic de perte de la biodiversité, résultant directement de cette utilisation excessive de l’énergie fossile.

Après un récapitulatif précis des pertes d’énergie en France et des objectifs à atteindre pour lutter contre le réchauffement climatique, l’auteur met à jour quelques initiatives concrètes engagées par des grands groupes ou par des collectivités locales. A l’aide de ces exemples précis, l’auteur propose un changement radical de nos mentalités : un passage en douceur des énergies fossiles aux énergies renouvelables.


 Réparer la planète, la révolution de l’économie positive (Maximilien Rouer et Anne Gouyon, éditions JC Lattès)

Après avoir pointé les ravages qui menacent la planète dans les prochaines années, les auteurs de cet ouvrage proposent de relancer une économie qui permettrait de créer des emplois et des richesses en restaurant l’environnement. Pour cela ils proposent cinq enjeux précis à mettre en œuvre : stabiliser le climat, renouveler l’énergie, restaurer les ressources, renouer avec la santé, recréer de la diversité. Par des moyens simples à réaliser à toutes les échelles, ils proposent de relancer en même temps l’économie et l’écologie … Une nouvelle économie insolente, qui veut croire que rien n’est encore perdu si chacun à son échelle accepte d’appréhender son quotidien sous une optique plus citoyenne. Un ouvrage en opposition radicale avec un discours ambiant défaitiste, qui donne envie d’agir concrètement pour la planète.

A lire sur le même thème :

 80 hommes pour changer le monde : entreprendre pour la planète, Sylvain Darnil et Mathieu Le Roux, éditions JC Lattes

 Le plan B pour un pacte écologique mondial, Lester-R Brown, éditions Calmann-Levy


 L’information responsable, un défi démocratique (Jean-Luc Martin-Lagardère, éditions Charles-Léopold Mayer)

Le journalisme est de plus en plus soumis à des pressions économiques importantes de la part des annonceurs. Pour survivre, la majorité des médias en est réduite à dispenser une pensée unique, devenant ainsi plus un danger qu’un auxiliaire pour la démocratie. Il devient donc urgent de mettre en place un nouveau journalisme, où le lecteur retrouverait la place qui lui est due. Pour relever ces défis, l’auteur propose des objectifs simples et concrets : rôle accru du médiateur, importance des sites et des blogs, de la tribune des lecteurs … Deux projets de type plus original sont également proposés ici :

 une norme ISA pour les médias, basée sur des critères concrets, qui permettrait aux lecteurs d’avoir des appréciations objectives sur les qualités éthiques de leurs médias

 le recours à l’économie sociale en transformant les journaux en SCOP (société coopérative de production), qui permettrait aux journalistes de devenir associés majoritaires de leurs médias et de vivre ainsi un projet commun en mutualisant les risques et les grandes décisions.

L’auteur, journaliste indépendant spécialisé dans l’environnement, connaît parfaitement son sujet, qu’il avait déjà traité dans un ouvrage précédent : « Vrai comme l’info, méthodes pour une presse citoyenne ». Sans utopisme ni naïveté, il réinvente la presse française en profondeur.

A lire sur le même thème :

 Notre métier a mal tourné, Elisabeth Levy et Philippe Cohen, éditions 1001 nuits

 Madame, Monsieur, Bonsoir, anonyme, éditions Panama


 Une vie en plus (Joël de Risnay, Jean-Louis Servan-Schreiber, François de Closets, et Dominique Simonnet éditions Points)

Il y a un siècle, l’espérance de vie moyenne des français était de 49 ans, elle est maintenant de 84 ans pour les femmes et à 77 ans pour les hommes. Ce changement démocratique radical entraîne des conséquences directes pour la société d’aujourd’hui et de demain ; Quatre auteurs se sont penchés sur trois problématiques principales auxquelles sont confrontés les seniors, et en ont tiré cet ouvrage polyvalent et synthétique

 Joël de Rosnay, biochimiste, s’est intéressé à la question du corps : Nous pouvons intervenir sur notre longévité, explique-t-il ; elle est entre nos mains, et nous avons de plus en plus le pouvoir d’agir sur notre propre corps.

 Jean-Louis Servan-Schreiber, entrepreneur et directeur de Psychologie Magazine, s’est plus précisément penché sur la question de l’esprit : selon lui, la longévité est surtout un art de vivre, un style, une philosophie. Il faut donc entrer en résistance contre une société endormie qui fait de ses jeunes des consommateurs aigris. La « seniorescence » est la tranche de vie idéale pour rester curieux, mobile, intéressé aux changements de la société et dynamique !

 François de Closets, journaliste et producteur de télévision, a de son coté étudié les problématiques sociétales de ce nouveau phénomène, notamment sur la longévité de la retraite. La France, relève-t-il, est le pays au monde qui détient le plus faible taux d’emploi des seniors (1/3 des 5-65 ans travaille contre la moitié dans le reste du monde) et le plus fort taux de chômage des juniors. Les seniors sont actuellement considérés comme des simples consommateurs alors qu’ils pourraient être des rouages essentiels de l’économie ; la génération des 25 ans qui entre ou va entrer sur le marché du travail est déjà taxée pour le remboursement des dettes des seniors.

Le corps, l’esprit, la place dans la société : trois enjeux majeurs à prendre en cause, qui peuvent faire du vieillissement de la population une force réelle pour la France.

A lire sur le même thème :

 L’invention des seniors, Serge Guérin, éditions Pluriel

 Vive le Papyboom, Robert Rochefort, éditions Odile Jacob


 La fatigue des élites (François Dupuy, éditions Seuil)

Dans les années 70, les cadres affichaient un optimisme radical, une confiance dans leurs sociétés et dans le marché, qu’ils semblent maintenant avoir perdus. François Dupuy, sociologue et président du think tank l’Ami public, s’est penché sur cette baisse de motivation et lui a trouvé une cause : selon lui elle serait due à l’influence grandissante du client et de l’actionnaire, idoles du management moderne. En effet, durant les 30 glorieuses, les biens de consommation étaient rares et les clients nombreux. Notre époque est en maintenant en proie à une inversion de la rareté, qui donne aux clients et aux actionnaires une nouvelle position de force. Affaiblis par l’individualisme inhérent à leur fonction, les cadres souffrent donc d’une « baisse tendancielle du taux de motivation ». Pour lutter contre ce sentiment qui se généralise de plus en plus, Dupuy propose d’adapter le fonctionnement de l’entreprise à cette nouvelle mentalité : Il nous faut rompre avec notre tradition de segmentation des taches héritée du taylorisme, les cadres gagneraient à exploiter pleinement leur potentiel en accomplissant des taches plus polyvalentes. Une priorité en découle : réfléchir l’emploi plus seulement par rapport à un besoin mais par rapport à celui qui va l’occuper. Une logique d’entreprise un peu plus adaptée à ses employés et non plus uniquement à ses destinataires, voilà qui fait coïncider merveilleusement éthique et rentabilité ! Une vision de l’économie idyllique, ou une réalité visible à court terme ? L’avenir très proche nous le dira.


 Le livre noir de la santé, (Gérard Bardy, l’Archipel)

Un constat flatteur de l’Organisation Mondiale de la Santé établi en 2000 décrétait que la France est le pays possédant le meilleur système de santé au monde. L’auteur met fin aux cocoricos, et ne craint pas de lever un mythe : oui, notre système de santé est malade, et des mesures urgentes doivent être prises rapidement. Tout d’abord, une réforme de fond du système hospitalier s’impose devant le vieillissement de la population. Notre assurance maladie, mal adaptée, dérive sur un manque cruciaux de moyens financiers, et sur des lacunes graves au niveau de l’hygiène et de la sécurité. Par ailleurs, les médecins, redoutables lobbies, ne sont pas non plus épargnés par Gérard Bardy, qui pointe notamment les inégalités croissantes de la fameuse « médecine à deux vitesses ». Quand aux médicaments, confrontés à l’influence grandissante du générique, ils atteindront également leurs limites très prochainement. Et ce ne sont certainement pas les crédits ridiculement bas alloués à la recherche qui vont améliorer la situation … Un livre qui fuit la concession, et qui invite à considérer d’un autre oeil ce système dont nous sommes si fiers …

A lire sur le même thème :

 Patients, si vous saviez, Christian Lehmann, Editions du Point

 La santé n’est pas un droit, Guy Vallancien, Lourin éditeur


 Virtuel, mon amour : penser, aimer, souffrir à l’ère des nouvelles technologies (Serge Tisseron, Albin Michel)

Avec l’émergence croissante du virtuel, nos comportements et nos mentalités évoluent radicalement : « le lointain devient proche et le proche devient lointain », relève l’auteur. Psychiatre, psychanalyste et enseignant à Paris VII, Serge Tisseron est un spécialiste de l’image. Il analyse ici avec finesse les causes et les conséquences directes du virtuel sur nos comportements quotidiens.
En premier lieu, il analyse les facteurs de l’émergence du virtuel : le téléphone portable, tout d’abord, qui a modifié en profondeur nos rapports à l’espace temps, et a banalisé la possibilité de communiquer à tout moment. Les logiciels graphiques ont également contribué à cette évolution des mentalités, en nous permettant de nous voir tels que nous nous rêvons. Les nouvelles émissions de télévision, enfin, qui mélangent virtuel et réalité au point qu’on ne peut plus distinguer le vrai du faux.
Tisseron étudie ensuite en détails nos nouvelles relations directement liées au virtuel. « Plus les tourtereaux se sont sentis proches via internet, plus ils hésitent à se rapprocher dans la réalité », indique-t-il. Ce paradoxe est en effet cohérent (quand on s’est beaucoup révélé « virtuellement », on ne souhaite pas montrer à l’autre qui on est réellement) et entraîne deux écueils : « le Miroir du Soliloque » (l’autre doit me renvoyer l’image de moi tel que je me rêve, à travers mon profil etc), et « le Parloir des étrangers », c’est à dire l’abstraction de tous les jeux de séduction (regards, gestes …). Ces nouvelles façons d’être ensemble, c’est aussi un moyen de se construire une famille sur mesure, qui partage mes goûts et mes passions.

Dans une troisième partie, Serge Tisseron étudie en détail les sites qui permettent de se construire une vie parallèle et une personnalité radicalement différente de la sienne propre.

Un ouvrage de référence qui pousse à remettre en question notre propre attitude face au virtuel.

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