Quelles mesures envisager pour assurer une information de qualité et des médias responsables ? Les partis politiques répondent.

Le système médiatique a développé depuis plus de vingt ans des pratiques et des comportements qui conduisent à des dérives importantes, mettant en cause la crédibilité des médias et des journalistes. Inexactitudes, mensonges, tromperies, mise en spectacle de l’information au détriment des questions réelles qui se posent aux Français, atteintes à la vie privée des personnes, etc. La qualité de l’information est nécessaire à la qualité du débat politique et au bon fonctionnement de la démocratie. Elle ne peut être assurée qu’en favorisant les comportements responsables parmi les journalistes et dans les médias.

Des chartes déontologiques existent chez certains d’entre eux, une douzaine de médiateurs ont été nommés dans des quotidiens, des hebdomadaires, et dans l’audiovisuel public. Mais l’expérience montre que l’autodiscipline des journalistes et des médias a ses limites. Du « réseau pédophile » d’Outreau à l’affaire Alègre-Baudis, de la campagne présidentielle 2002 à la crise des banlieues 2005, de l’affaire Abderazak Besseghir, le « bagagiste de Roissy », à celle dite du « RER D », on voit bien que le dispositif d’auto-régulation est insuffisant pour limiter les bavures et les emballements médiatiques.

Nous avons interrogé, en janvier et février 2007, six responsables politiques des principaux partis (PCF, Verts, PS, UDF, UMP, FN), proches des candidats à l’élection présidentielle. Les entretiens ont été menés par Yves Agnès, ancien rédacteur en chef au Monde, ancien directeur général du Centre de formation et de perfectionnement des journalistes. Les questions étaient les mêmes pour tous. Les interviews sont publiées in extenso sur ce site. Elles concernent les dispositifs structurels à mettre en place, par les pouvoirs publics ou encouragés par eux, pour améliorer les pratiques déontologiques des journalistes et des médias et favoriser une relation de confiance entre eux et les citoyens.

Les partis politiques ont explicité d’abord la manière dont ils abordent ces questions, puis précisé leurs positions sur sept points.

 La nécessité d’une charte déontologique nationale acceptée par tous (patrons de médias et journalistes).

 La création d’une instance d’éthique de l’information (médiateur national, commission nationale, conseil de presse, etc.), maintes fois proposée depuis plus d’un siècle et toujours repoussée.

 Le développement de postes de médiateurs pour tous les médias « d’information générale et politique ».

 La reconnaissance par la loi du rôle, dans chaque entreprise, de la collectivité des journalistes à côté des actionnaires.

 La nécessité d’une formation minimale au droit et à la déontologie pour l’obtention de la carte professionnelle.

 Le mode de désignation du Conseil supérieur de l’audiovisuel.

 L’ouverture aux citoyens de la Commission paritaire des publications et agences de presse (composée de représentants des syndicats d’éditeurs et des ministères concernés), qui sélectionne les journaux pouvant obtenir les aides publiques à la presse.

Un tableau synoptique des réponses, simplifiées, à ces sept questions permet une comparaison des positions.

A lire également sur le site de l’Alliance internationale de journalistes le détail des réponses de chaque parti :

 PCF

 Verts

 PS

 UDF

 UMP

 FN

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