Le Premier ministre Dominique de VILLEPIN a annoncé à l’Assemblée nationale le 8 novembre une enveloppe budgétaire de 100 millions d’euros en faveur de la vie associative. La CPCA s’en félicite et expose ses propositions… encore trop peu écoutées par le monde politique.

Alors que les signaux d’alerte ont été allumés depuis plusieurs mois maintenant par les associations concernées, la CPCA (Conférence permanente des coordinations associatives – voir encadré) prend note favorablement du changement opéré dans la prise en considération du rôle positif joué par les associations pour la cohésion sociale. « Nous considérons cependant que cette annonce d’ordre financier, si importante et attendue soit-elle, n’est qu’un élément de la réponse gouvernementale qui doit être apportée à l’ensemble des attentes et revendications de la vie associative dans notre pays. En effet, les associations sont prêtes à jouer pleinement leur rôle de proposition pour un partenariat constructif avec les pouvoirs public », déclare la CPCA.

Si rien ne change, l’année 2006 s’annonce sous de mauvais auspices avec la fin accélérée des emplois jeunes et les « gels » budgétaires attendus.

Par conséquent, la CPCA souhaite :

 que les organisations associatives, et particulièrement la CPCA, soient immédiatement et pleinement associées à la concertation sur la politique gouvernementale en faveur des quartiers et de la politique de la ville ;

 que la conférence nationale de la vie associative soit effectivement convoquée dans un cadre interministériel qui étudie les propositions associatives issues des groupes de travail déjà réunis ;

 qu’une table ronde de l’emploi dans les associations soit organisée pour examiner la mise en œuvre et la cohérence des politiques publiques en matière d’emploi aidé.

En 2003 déjà, la CPCA écrivait à propos du sens de l’action associative pour la sécurité et la prévention : « Le fait divers fait très souvent diversion, il focalise l’attention et donne une lecture réductrice de l’événement et de ses solutions. C’est pourquoi au-delà du souci médiatique de l’opinion publique, pour mieux comprendre les besoins réels en termes de prévention et de médiation, chaque décideur public avec chaque association devraient répondre à la question « que ce serait-il passé si »… tous ces jeunes n’avaient pas été les acteurs et les bénéficiaires d’une animation de quartier, d’un soutien éducatif, d’un programme culturel, d’un projet sportif, d’un accès au tourisme et à l’échange international, etc. ? Et que se passerait-il si les espoirs ou les attentes qu’ils suscitent devaient être partout contredits ? »



A propos de la CPCA

Créée en 1992, la CPCA (Conférence Permanente des Coordinations Associatives) est une association déclarée depuis novembre 1999 qui regroupe aujourd’hui 16 coordinations associatives (sport, culture, éducation populaire, etc.), près de 700 fédérations nationales et 400 000 associations. Elle est un lieu d’interlocution politique indépendant qui travaille à une reconnaissance pleine et entière des valeurs et intérêts du monde associatif dans la société française.

Elle a pour but :

 de promouvoir la vie associative dans son ensemble,

 de défendre les acteurs de la vie associative qui adhèrent aux valeurs de citoyenneté, de démocratie et de respect des droits humains,

 de faciliter leur pleine reconnaissance par le dialogue et la négociation avec les autorités publiques.

Elle agit à trois niveaux : régionalement, nationalement et à l’échelle européenne.



L’emploi dans les associations en chiffres

 1 million d’associations en France, dont 145 000 associations employeurs, soit 16%. + 6% d’emplois en moyenne par association entre 1990 et 1999, + 58% d’emplois créés sur cette période.

 1,6 million d’emplois, soit 900 000 ETP*, ce qui représente 5% de l’emploi salarié en France (dont 50% dans le secteur sanitaire et social), un secteur associatif deux fois plus employeur que l’hôtellerie et la restauration, 30% de plus que le secteur de la construction.

 42% des associations déclarent employer des emplois aidés, soit 90 000 associations.

 36% de part d’emplois à temps partiel et/ou à durée déterminée.

 2/3 des emplois associatifs sont occupés par des femmes.

 100 000 postes créés avec les emplois jeunes dans le monde associatif entre 1997 et 2002.

 45 000 nouveaux contrats aidés (d’avenir et d’accompagnement dans l’emploi) attendus par l’Etat dans le secteur associatif (hors secteur sanitaire et social).

 58% des ressources des structures employeurs associatifs proviennent des financements publics (Etat, collectivités, prestations).

*ETP : Equivalent Temps Plein

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Au sujet de Yan de Kerorguen

Ethnologue de formation et ancien rédacteur en chef de La Tribune, Yan de Kerorguen est actuellement rédacteur en chef du site Place-Publique.fr et chroniqueur économique au magazine The Good Life. Il est auteur d’une quinzaine d’ouvrages de prospective citoyenne et co-fondateur de Initiatives Citoyens en Europe (ICE).

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SANTE

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