Romans d’ailleurs, enquête, oeuvre culte… Tour d’horizon d’ouvrages à découvrir, à savourer et à recommander.

Histoire de la Grande maison

Par Charif Majdalani


maison.jpg Comment Wakim Nasser, un chrétien libanais proscrit de son village, monte une plantation d’orangers près de Beyrouth, à une époque où tout le monde misait sur le mûrier et le ver à soie. Il assoit la puissance de son clan sur cette plantation. L’orange, puis la clémentine, vendue aux grossistes musulmans et à des négociants français, vaut de l’or, et, grâce à ces revenus, il fonde la « grande maison », dont l’histoire suit les soubresauts de la chute de l’Empire ottoman. Une très belle saga, écrite dans une langue superbe dont la musique renvoie à celle de lettres familiales découvertes au milieu du livre…

Ed. du Seuil, 324 p., 21 €


Neige

Par Orhan Pamuk


neige.jpg Le héros s’appelle Ka. Il est journaliste et vient enquêter dans sa ville d’origine sur une vague de suicides parmi les jeunes femmes turques. Il plonge ainsi au cœur des débats et des combats entre islamistes et laïcs. Partout, dans la ville, une mémoire occultée mais omniprésente…

Ed. Gallimard, 451 p. 22,50 €


L’immeuble Yacoubian

Par d’Alaa El-Assouani


immeuble.jpg Portrait de personnages qui habitent un immeuble conçu par un richissime arménien au Caire avant et après la révolution nassérienne. Des officiers s’installent dans les appartements abandonnés par l’ancienne élite et les hommes d’affaires étrangers. La répartition sociale selon les étages s’inverse. A travers les différents personnages, c’est le portrait économique et social de l’Egypte depuis les années 50 jusqu’à aujourd’hui que l’auteur dresse dans un récit drôle et enlevé. Un roman culte dans le monde arabe.

Ed. Actes Sud, 350 p., 21,80 €


Le vieux jardin

Par Hwang Sok-yong


jardin.jpg Un prisonnier politique libéré après 10 ans d’enfermement découvre une Corée du Sud transformée. L’envers du décor du fameux modèle coréen dans sa dimension politique. Un très beau roman, extrêmement émouvant, d’un très grand écrivain (salué pour L’ombre des armes et L’invité).

Ed. Zulma, 576 p., 23 €


Les dépossédés

Par Robert McLiam Wilson et Donovan Wylie


depossedes.jpg « La pauvreté est peut-être la seule expérience humaine, en dehors de la naissance et de la mort, que tout être humain est capable de partager ». A Londres, Glasgow et Belfast, Robert McLiam Wilson et le photographe Donovan Wylie décrivent en mots et en images leur rencontre avec les « dépossédés ». Les sans-abri, mais aussi ceux qui doivent vivre avec 45 livres par semaine voire moins, qui sont au chômage ou travaillent pour des salaires de misère, sont victimes de discrimination, etc. Des réflexions intéressantes sur leur rapport à l’argent, aux institutions, à un objet comme le téléphone… Une enquête réalisée en 1990, dans un pays marqué par le thatchérisme, mais qui, hélas, reste d’actualité et dont les conclusions ne concernent pas uniquement la société d’Outre-Manche…

Ed. Bourgois, 348 p., 23 €

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Au sujet de Naïri Nahapetian

Naïri Nahapétian est née à Téhéran de parents arméniens. Elle a quitté l'Iran à l'âge de 9 ans, après la Révolution islamique. Elle vit à Paris.Journaliste free-lance durant plusieurs années, elle travaille actuellement pour le mensuel Alternatives économiques.Elle est l'auteure de l'essai L'Usine à vingt ans paru dans la collection « Bruits » (Les petits matins/Arte éditions, 2006) et publie régulièrement des nouvelles, notamment dans les revues Rue Saint Ambroise

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SANTE

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