Privilégiant le contact avec la nature, les « éclés » forment des jeunes à devenir de futurs citoyens engagés et respectueux de valeurs comme la tolérance et la solidarité. Leur credo : appliquer une pédagogie privilégiant l’aventure et le jeu.

Les vacances d’été approchent à grands pas et c’est peut-être l’occasion de faire découvrir à ses enfants une « école » où l’on apprend le respect de l’environnement et la solidarité, le tout dans un cadre propice à des jeux et à des découvertes infinis : la nature. Cette école de l’aventure, c’est ce que propose les Eclaireuses et Eclaireurs de France (EEDF), mouvement laïc du scoutisme.

Une pédagogie particulière

Le scoutisme et son image désuète aurait tendance à faire sourire. Pourtant, à y regarder de plus près, ce mouvement d’éducation populaire, né en 1911, porte en lui des valeurs toujours d’actualité, comme la solidarité ou la laïcité. La branche laïque du scoutisme ambitionne de jouer le rôle « de partenaire éducatif complémentaire de l’école et de la famille, un complément survitaminé », explique Christian Capdevielle, responsable de la communication à EEDF. Mais, si l’une ou l’autre de ces institutions se met à vaciller, l’association peut prendre le relais et l’enfant pourra continuer à se construire en s’appuyant sur les valeurs de l’association.

Cet apprentissage n’a rien d’ennuyeux, comme en témoigne Nathalie du groupe d’Evry : « les éclaireurs, c’est une école de la vie. On y apprend plein de choses, sans même sans apercevoir, comme le respect d’autrui et l’autonomie ». Ce que les « éclés » retiennent surtout de tous ces moments passés dans la nature, ce sont « les supers levers de soleil le matin, les grands jeux où on s’éclate ! », s’enthousiasme Guillaume de l’Héraut.

La pédagogie des « éclés » repose sur la vie en petits groupes. Les « éclés » participent à trois activités par mois en moyenne, esseniellement des sorties (musée, ballades, etc.) ou des mini-camps d’un week-end. Si le jeunes sont accompagnés par des adultes, ce sont eux qui décident de leur programme.

Certains de ces mini-camps sont l’occasion de faire avancer le projet du groupe qui sera réalisé au cours d’un camp d’été (2 ou 3 semaines). D’autres sont des initiations à la vie scout où l’on apprend à monter une tente, à faire à manger (1). Les « éclés » consacrent aussi du temps à des actions de solidarité comme par exemple des collectes alimentaires pour les Restos du coeur ou des visites en maison de retraite.

Ce cadre relativement restreint est idéal pour s’affirmer, en particulier au moment de l’élaboration des projets : « au début, j’étais vraiment timide, mais quand j’ai pris la parole pendant les assemblées, on m’a écoutée ! J’ai pris confiance en moi », savoure Marion L. de Dijon. Se construire est plus aisé dans un environnement où il n’y a pas de rivalité ou d’esprit de compétition. En effet, le scoutisme s’intéresse avant tout aux progrès accomplis par l’enfant par rapport à son point de départ, ce qui permet à Florian (75) de relater : « j’ai vraiment pu prendre conscience de mes possibilités ».

Former des citoyens engagés

La vie chez les « éclés » repose en grande partie sur la laïcité, considérée comme un « art de vivre ensemble ». Si l’objectif est de faire reculer le repli communautaire, les jeunes, eux, apprécient particulièrement le fait qu’on les accepte pour ce qu’ils sont au-delà des simples apparences. Thomas de Bourges, handicapé moteur, a 18 ans et déjà 12 ans de scoutisme derrière lui. Il peut témoigner sans hésiter que chez les éclaireurs la solidarité, l’ouverture aux autres ne sont pas de vains mots : « Etre chez les « éclés » m’a aidé à m’accepter moi-même. Les copains du groupe m’ont beaucoup aidé ».

Les enfants vivent des aventures adaptées et apprennent à devenir des citoyens engagés. Les groupes sont constitués par tranches d’âge : lutins à partir de 6 ans, louveteaux à 8 ans mais c’est surtout à partir de 11 ans que l’on commence à mettre en pratique les valeurs scouts de solidarité et d’ouverture sur le monde.

La notion de projet est fondamentale au sein de l’association car elle participe de la construction de l’individu en lui apprenant l’ambition, les responsabilités et l’engagement : « le projet scout s’inscrit dans la continuité. Au cours de l’année, les enfants s’organisent, cherchent des financements. Ces démarches sont importantes pour apprendre à devenir autonomes et acteurs de sa vie », explique Christian Capdevielle.

Dans la tranche 11/15 ans, si les initiatives peuvent paraître modestes, elles n’en sont pas moins utiles pour trouver place dans la communauté et recréer du lien social : « on propose des animations dans des maisons de retraite et avec des personnes handicapées. Ce qu’on fait m’a ouvert l’esprit « , explique Guillaume.

A partir de 15 ans, quand on entre dans le groupe des aînés, les projets peuvent devenir plus ambitieux et même se tourner vers la solidarité internationale. C’est ainsi que le groupe de Bourges va partir cet été aider un village de lépreux au Sénégal et que les jeunes de Béziers collecte des jouets pour un orphelinat roumain.

Christian Capdevielle est convaincu qu’un passage par la case « éclés » constitue « un excellent tremplin vers le monde associatif. Une fois devenus adultes, ces jeunes garderont cette volonté de s’engager et le souci de la collectivité ».

(1) Une année chez les Eclaireurs revient environ à 700 euros. Cette somme comprend l’adhésion, une assurance multirisques, une partie du budget pour les sorties, les week-ends et le séjour d’été.

Contact

Eclaireurs et éclaireuses de France

12, place Georges Pompidou

93 160 Noisy-le-Grand

Tél. : 01 48 15 17 66

www.eedf.asso.fr

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