Les aigües sont en rouge, jean et dentelle sexy. Les médiums 1 arborent des costumes aux teintes bovines. Les mediums 2 sont en noir avec des plumes et des fleurs en guise d’accessoires. Enfin, les basses, exclusivement des hommes, sont en kilt. Cette quarantaine de personnes, réparties dans 4 pupitres correspondant chacun à une tessiture de voix, constituent l’Echo râleur, une chorale rock née à la fin des années 80.

L’idée a vu le jour au sein d’un groupe de copains, musiciens à l’Elysée Montmartre mais aussi membres de groupes alternatifs tels que la Mano Negra ou les Négresses vertes. « En 1989, on a participé à une compilation sortie à l’occasion du bicentenaire de la révolution française. On chantait La Carmagnole. On a tourné un clip… Ca nous a rendu célèbre. On a pu pérenniser notre activité », se souvient Taupier, l’un des deux chefs de coeur de la chorale.

Depuis, l’association a connu quelques remous, notamment la scission en 1994 entre membres souhaitant professionnaliser la chorale et ceux qui voulaient rester amateurs. La chorale, exclusivement basée sur des participations bénévoles, s’en est remise et ouvre aujourd’hui ses portes à qui veut… même ceux qui chantent mal. « On leur apprend à placer leur voix et parfois on leur paye des cours de chant en parallèle. Dans tous les cas, pas besoin d’être pro : on chante sans partition », poursuit Taupier.

Dans la chorale se cotoient des jeunes et des moins jeunes, même si le gros de la troupe a entre 22 et 33 ans. Sur le plan social, la diversité est également de mise : des chercheurs, des cadres supérieurs, des fonctionnaires chantent aux côtés de « cas sociaux ». Ce qui les rassemble : « l’envie de chanter, sans être jugé, dans un collectif où se développent des liens amicaux et de solidarité ; c’est un peu l’esprit rugby », résume Taupier.

Aujourd’hui, l’association compte cent adhérents, une cinquintaine de choristes et se produit partout en France. Son répertoire compte des « classiques », comme le générique de star treck ou « le destin à Tintin », morceau original, mais s’adapte aussi aux circonstances. Ainsi, lors de la commémoration de la libération de Paris, la chorale a intégré « les loups » à son repertoire. Ses spectacles sont auto-produits. Ainsi, cet été, la chorale organise une tournée en Bretagne du 9 au 17 juillet.

Pour assurer le bon fonctionnement du collectif, le groupe s’est organisé en commission (comunication, technique, artistique, etc.), délégation, etc. et a mis en place deux répétitions par semaine. « A la création, on était plus jeunes, plus wild, un peu chien fou. Aujourd’hui, c’est plus clean ; les gens s’éclatent sans déraper… » . La chorale, en effet, ne manque pas de discipline. Chantant sous la neige, la pluie ou la canicule, elle conquiert son public par son professionnalisme, mais aussi la joie qui se dégage du collectif et un certain engagement. « On est tous à gauche sans en avoir l’étiquette. Mais, c’est vrai que l’on nous voit plutôt à des concerts de soutien au DAL ou à la fête de Force Ouvrière », confie Taupier.

A Bercy, à l’occasion du printemps de la démocratie, ils ont clos l’un de leur concert par « Bella Ciao »… non sans lever le poing.

Site : www.echoraleur.com

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Au sujet de Anne Dhoquois

Anne Dhoquois est journaliste indépendante, spécialisée dans les sujets "société". Elle travaille aussi bien en presse magazine que dans le domaine de l'édition (elle est l'auteur de plusieurs livres sur la banlieue, l'emploi des jeunes, la démocratie participative). Elle fut rédactrice en chef du site Internet Place Publique durant onze ans et assure aujourd'hui la coordination éditoriale de la plateforme web Banlieues Créatives.

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