Peut-on imaginer et construire des médias citoyens, c’est-à-dire incitant les gens à l’action ? Sans doute faut-il commencer par réfléchir à ce qui, dans le système médiatique dominant actuel, détournent de la citoyenneté avant d’imaginer, point par point, des réponses alternatives.

Texte paru dans le magazine Place Publique de février/mars 2003

Peut-on imaginer que les médias deviennent des vecteurs actifs de la citoyenneté, c’est-à-dire qu’ils favorisent la capacité des personnes de participer au plus près à l’élaboration des décisions qui les concernent, à tous les niveaux et dans tous les domaines de la vie en société ? A première vue, cela semble une utopie : la grande majorité des journaux et magazines, radios, télés ou sites Internet semblent se soucier de bien autre chose que de cultiver l’esprit critique, d’inciter à l’action ou de contribuer au débat public démocratique. Trois ingrédients qui sont pourtant trois conditions indispensables à l’exercice d’une citoyenneté active.

Pensée unique, passivité, absence du débat

Par-delà les invectives et les condamnations globales, il nous faut comprendre ce qui, précisément, dans la production et la diffusion de l’information, s’oppose à la maîtrise de leur vie par les citoyens. Trois éléments semblent essentiels de ce point de vue.

1. Pensée unique, monde unique

Serge Halimi l’a bien montré dans Les nouveaux chiens de garde : la prégnance de l’idéologie de marché, les conditions économiques dans lesquelles la presse évolue, le poids pris par le marketing et les effets de la rivalité mimétique expliquent largement que se développe, à travers les colonnes et sur les ondes, une pensée unique et servile, toute dévouée aux intérêts économiques dominants.

En trente ans, l’économie a acquis un statut prédominant dans toutes les sociétés du monde, parvenant même à soumettre le politique à ses injonctions. Comme le montrent les « critères de convergence » imposés pour la création du marché unique européen ou les plans d’ajustement structurel exigés par le Fonds monétaire international, une seule politique semble possible et ce, quel que soit le choix des électeurs. Un peu comme si on disait aux citoyens : « Votez blanc, vert ou rouge… de toute façon, les marchés vous diront ce qu’il faut faire ! »

Naturellement, les médias ne sont pas à l’écart de cette idéologie dominante. Ils l’entretiennent même, et le « bourrage de crâne » s’effectue de multiples manières : cela va de la place prise par les cours de la Bourse (3 minutes toutes les demi-heures sur France Info, s’il vous plait !) aux tribunes offertes aux patrons sous couvert de leur « expertise » économique… Sans parler de l’absence totale d’esprit critique lorsqu’il s’agit de présenter des indicateurs aussi peu « objectifs » que le sacro-saint PIB !

Le phénomène n’est pas qu’idéologique. Il repose sur une base matérielle qui a profondément changé en quelques décennies. Jadis « indépendants », les médias sont de plus en plus directement contrôlés par de grands groupes industriels et financiers. Plus besoin d’avoir recours aux pressions publicitaires (auxquelles, il faut le reconnaître, une grande majorité de la profession journalistique continuait de résister) pour influencer les médias : il suffit, plus simplement, plus directement, d’en devenir propriétaire. Le fait de placer en Bourse une partie du capital d’une société éditrice a sensiblement les mêmes effets : comment espérer publier durablement des « unes » qui déplairaient aux marchés financiers ?

Jadis quasi absents des médias, les services marketing, après avoir fait une timide apparition, y jouent aujourd’hui un rôle déterminant. Rares sont les rédactions à échapper à l’injonction de se plier aux exigences du sacro-saint « lecteur ». En apparence, le raisonnement semble plus « sain » que les anciennes pressions publicitaires : quoi de plus normal, de plus démocratique, que d’écouter son lecteur et de répondre à ses attentes supposées ? Il n’en est pourtant que plus pernicieux : ainsi, on sonde les gens sur les sujets qui les intéressent, mais on ne leur demande jamais les questions qu’ils se posent…
De plus, il faut avoir en tête que le marché médiatique est bien plus inégalitaire que tous les autres marchés. Pourquoi cela ? Parce qu’un média est vendu deux fois :

 une première fois, comme tous les autres produits, à ses « clients » directs (lecteurs, auditeurs, téléspectateurs…) ;

 une seconde fois, de manière plus spécifique, aux publicitaires qui, eux, s’intéressent avant tout au pouvoir d’achat des lecteurs-auditeurs-téléspectateurs. Cette deuxième vente prend un poids croissant dans le financement des médias. Il ne faut pas chercher plus loin la raison pour laquelle les journaux « généralistes » sont d’abord pensés en fonction des cadres. Beaucoup de médias pour les cadres, quasiment aucun pour les « pauvres »… Faut-il s’en étonner ?

Enfin, la fixation d’une pensée unique dans les médias est favorisée par des effets d’imitation. L’univers médiatique offre un exemple saisissant de ce que René Girard appelle la « rivalité mimétique » : plus la concurrence s’y exacerbe, plus les médias se copient les uns les autres. Les journaux suivent le ton donné par la télé, les « news » se plagient les uns les autres, l’information « en continu » impose le nivellement de tous les faits. D’imitation en copie, le conformisme domine dans le choix des sujets et leur mode de traitement. « Le système de la presse ne vit pas dans la « pensée unique » mais dans un monde unique où tous s’accordent à trouver tel événement digne d’intérêt et tel autre négligeable », écrivent fort justement Florence Aubenas et Miguel Benasayag (1).

2. L’invitation à la passivité et à la résignation

Ce n’est pas seulement à travers ce monde unique que les médias éloignent les citoyens de la participation aux affaires qui les concernent. C’est aussi parce que, de manière générale, ils ne les aident pas à passer à l’action, mais ont plutôt pour effet de renforcer chez eux le sentiment d’impuissance et la résignation.

Ils le font d’abord en véhiculant la vision d’un monde devenu trop complexe pour être encore compréhensible (et, a fortiori, possible à transformer). Le recours aux experts patentés et autres consultants n’a pas d’autre rôle : nous convaincre que le citoyen lambda n’a pas son mot à dire sur un sujet donné s’il ne détient pas l’expertise nécessaire pour le faire.

Ils le font également en accordant une place réduite à toutes les initiatives visant à transformer l’ordre existant. Certes, en une demi-douzaine d’années, les expériences « positives », comme on dit, ont acquis droit de cité dans de nombreux médias. Mais au prix d’un bel effet réducteur : celui imposé par leur recadrage systématique dans le genre pré-formaté des « belles histoires » ou des « bonnes nouvelles ». Du coup, le traitement médiatique de ces expériences se limite à des coups d’éclairage sur des gens ou des groupes « formidables », ce qui évacue leur portée transformatrice ou subversive.

De plus, les lecteurs ont du mal à trouver les informations pratiques qui leur faciliteraient le passage à l’action. Il n’y a qu’à voir le très faible nombre de médias qui se donnent la peine de donner l’heure de départ et l’itinéraire précis d’une manifestation. De même, quand une initiative exemplaire est présentée, tout aussi rares sont ceux qui fournissent les coordonnées précises et les contacts utiles. Outre ces informations pratiques, la stratégie de l’organisation évoquée, ce qu’elle vise, les moyens qu’elle met en œuvre pour y parvenir – bref, tout ce qu’un citoyen a envie de savoir pour apprécier s’il est prêt à s’y engager -, toutes ces données sont généralement passées sous silence.

Last but not least, cette information qui « oublie » d’inciter à l’action dérive parfois vers une information qui écarte clairement les citoyens de l’action collective. Ainsi, les politiques sont passés maîtres dans l’art de distiller des « vraies fausses nouvelles », ce qui leur permet de « garder la main » en maîtrisant le planning des réactions. Que l’on songe, par exemple, à la « fuite » concernant le projet de loi Sarkozy sur la sécurité. Nul ne peut affirmer qu’il y ait eu manipulation, mais les effets de la manœuvre, en tout cas, sont éloquents : après avoir suscité un flot de protestations avec son texte initial, le gouvernement a pu faire machine arrière sur certains points… et son texte final est passé comme une lettre à la poste, sans générer les protestations que justifiait pourtant une telle loi.

Les entreprises ne sont pas en reste qui, par le truchement de leurs services de communication, tentent de mettre la main sur toute la production de l’information, y compris ses aspects critiques. Lors de l’inauguration du Tunnel sous la manche, le dossier de presse d’Eurotunnel ne contenait-il pas quelques pages détaillant les critiques que l’on pouvait faire à l’opération ! Plus besoin d’enquêter, mesdames et messieurs les journalistes : les puissances d’argent s’en chargent pour vous ! En ayant soin, naturellement, de dissimuler ou de désamorcer les critiques plus fondamentales…

3. La faiblesse du débat démocratique

Historiquement, la presse a d’abord eu pour mission de contribuer au débat public démocratique. Aujourd’hui, cette fonction se réduit à la portion congrue. A cause de l’imposition d’une « pensée unique », on l’a vu, mais aussi, voire surtout, parce que les journaux et les émissions qui prétendent jouer la carte du débat contradictoire ressemblent davantage à des combats de catch qu’à des processus visant à construire l' »intérêt général » sur une question donnée.

Cela tient déjà à la nature et à la fonction de ceux à qui l’on donne la parole sur un sujet donné. Le poids des « experts », on l’a dit, devient exorbitant. Qui songe, en revanche, à ouvrir le micro à ceux qui vivent des situations de grande pauvreté lorsqu’il est question de disserter sur la richesse d’un pays ou sur les écarts sociaux qui s’y manifestent ? Qui pense à demander plus qu’un simple témoignage aux habitants d’un quartier populaire au moment où les députés débattent d’un projet de loi sur le renouvellement urbain ? Ce serait pourtant une manière de reconnaître l’expertise d' »en bas », de ceux qui sont confrontés aux conséquences directes des sujets évoqués.

La difficulté des médias à générer du débat démocratique tient aussi aux conditions de leur production, en particulier aux relations profondément inégalitaires entre « producteurs » (en gros, les seuls journalistes) et « consommateurs » d’informations. A ce monopole dans la production de l’information s’ajoute une opacité considérable vis-à-vis des « consommateurs » : un lecteur-auditeur-téléspectateur ignore à peu près tout des conditions dans lesquelles a été fabriquée l’information qu’il a sous les yeux : est-elle le fruit d’un travail de quelques heures ou de plusieurs jours ? quelles ont été les sources consultées ? des points de vue contradictoires ont-ils été recueillis ? Cette opacité s’étend aux conditions économiques dans lesquelles les médias évoluent : Serge Halimi note dans Les nouveaux chiens de garde que, contrairement, à leurs collègues américains, les journalistes français « oublient » d’informer leurs lecteurs ou auditeurs de l’existence possible d’un conflit (ou d’une collusion) d’intérêts entre leur propriétaire et l’information qu’ils relatent…

Enfin, les médias, dans leur grande majorité, ignorent tout des outils et méthodologies inventés depuis une vingtaine d’années pour renouveler les procédures démocratiques. Par exemple, les « conférences de consensus » qui permettent à des citoyens, tirés au sort comme les jurés d’assises, d’émettre un avis collectif – sur des sujets aussi controversés que les OGM ou l’effet de serre – après avoir reçu une information précise et contradictoire sur la question. Les premières expériences de ce type illustrent à quel point la dynamique collective ainsi engendrée permet de dépasser le simple agrégat des opinions individuelles et de faire émerger une « opinion commune ». La plupart des médias, eux, préfèrent se fier aux bons vieux sondages qui ont le double avantage de s’adresser à des individus pris isolément et de conforter – par un « effet-miroir » – le conservatisme au détriment de l’innovation, de privilégier la « pensée commune », banale et presque automatique, au détriment d’une pensée « construite en commun ».

Une réponse possible : des médias « citoyens » ?

Ces dernières années, au fil de l’émergence et du développement de nouveaux mouvements civiques et sociaux, l’idée que les médias constituent l’un des obstacles à la transformation politique et sociale s’est imposée. Et le sentiment s’est renforcé que l’univers médiatique lui-même était à l’abri de tout changement majeur.

L’idée de « médias citoyens », c’est-à-dire de médias favorisant l’intervention des gens sur les problèmes qui les concernent, apparaît pourtant comme une réponse pertinente. Encore faut-il, pour constituer une alternative crédible, qu’ils répondent point par point aux principaux obstacles décrits ci-dessus. Pour le dire plus clairement, il ne s’agit pas seulement de « changer de contenu » : ce sont les conditions même de la production et de la diffusion de l’information qu’il faut revoir si l’on veut que ces nouveaux médias deviennent effectivement des vecteurs de citoyenneté.

1. Cultiver l’esprit critique, promouvoir la diversité

Là se joue la réponse alternative à l’imposition d’une « pensée unique ».

Cela commence par la multiplication des analyses démystifiant les prétendues évidences de l’économisme dominant. Il ne s’agit pas d’opposer une théorie économique à une autre : dans ce combat contre les effets toxiques de la pensée unique, toutes les approches doivent être mobilisées afin de montrer aux citoyens que l’économie n’est pas la seule affaire des économistes ! De ce point de vue, le travail de Patrick Viveret sur « les nouveaux facteurs de richesse » – à partir d’une approche philosophique et anthropologique – ouvre des perspectives d’appropriation des enjeux économiques par les non-spécialistes.
Autre piste à explorer pour développer l’esprit critique : faire un travail spécifique sur les mots employés (au moyen de lexiques, de glossaires, d’analyses étymologiques, etc.). Interroger le sens des mots utilisés apparaît comme une condition pour s’éloigner des idées toutes faites et du « prêt à penser ».

Tourner le dos à la pensée unique suppose aussi de sortir de l’emprise marchande qui étreint l’univers médiatique. Traditionnellement, la réponse aux médias « de marché » semble être un retour en force vers le service public. Faut-il pourtant, par exemple, cultiver une certaine nostalgie pour l’époque où l’ORTF était entièrement inféodée au pouvoir politique ? Entre le « tout-marché » et le « tout-Etat », nous avons appris, au fil des ans, à reconnaître la pertinence des diverses formes d’économie sociale et solidaire. N’est-ce pas là un cadre idéal pour développer de nouveaux médias, reposant sur des pratiques coopératives, un partage de l’information et la participation des lecteurs ? Naturellement, de tels projets supposent un financement hybride : une part des ressources devrait provenir du secteur public sur des missions d’intérêt général ou des activités contribuant à créer de la richesse collective (par exemple, en renforçant le lien social).

Réduire le poids croissant du marketing dans les médias suppose aussi de multiplier les approches transversales, universalistes : en clair, ne plus s’adresser aux citoyens en fonction de critères qui les distinguent (l’âge, le sexe, le niveau culturel, l’activité professionnelle, les loisirs…) mais en s’efforçant de toucher ce qui les rassemble, là où les problèmes qu’ils rencontrent sont identiques. Bref, opposer à la presse marketing une presse « politique », au plein sens du terme.

Enfin, la lutte contre le conformisme et le mimétisme suppose de chercher à l’infini à varier les sujets, les modes de traitement, les personnes interrogées, les questions posées… Au lieu de s’enfermer dans des genres prédéterminés (l’analyse critique, la « bonne nouvelle », etc.), les médias citoyens doivent cultiver le paradoxe et la diversité. Pour paraphraser les propos du sous-commandant Marcos, il ne s’agit pas d’opposer à la pensée unique des médias dominants « une autre presse possible », mais une presse « dans laquelle toutes les autres presses soient possibles ».

2. Pousser les lecteurs-auditeurs-téléspectateurs à l’action

Là se joue la réponse au sentiment d’impuissance et à la résignation.

Le premier enjeu consiste à traiter des sujets complexes de manière simple et accessible. Recourir au mode narratif et à des histoires concrètes constitue un excellent biais pour échapper à deux risques symétriques : d’un côté, celui de la simplification excessive ; de l’autre, celui de la sophistication et de l’hermétisme.

Une autre piste réside dans la valorisation des expériences contribuant à la construction d’une société plus démocratique et solidaire. Encore faut-il, pour aller plus loin que le simple « coup de projecteur » :

 permettre l’échange des expériences et le transfert des pratiques entre leurs promoteurs ;

 jeter des ponts entre ces initiatives « micro » et l’analyse des mécanismes « macro » du monde.

Ce n’est qu’à ce prix, en faisant le lien entre l’action locale et la réflexion globale, que la valorisation des initiatives peut réaliser sa pleine portée transformatrice.

De même, l’information sur les initiatives, pour inciter vraiment à l’engagement citoyen, doit-elle :

 expliciter les stratégies à l’œuvre derrière telle ou telle initiative ;

 fournir toutes les informations pratiques nécessaires pour passer à l’action.

Enfin, la plus grande vigilance doit être portée face aux « effets d’annonce » et autres « coups de bluff » qui n’ont pour objet que de décourager l’engagement militant. Soucieux de sa responsabilité sociale, un média citoyen doit avoir pour première préoccupation celui des effets de sa production sur l’action collective.
Autre piste à explorer pour éviter les mobilisations sans lendemain : s’engager à suivre les dossiers sur la durée, de manière à éviter le « zapping » incessant d’un événement à l’autre et d’une – fausse – indignation à une autre. Ce « devoir de suite » permet de maintenir la volonté d’action intacte sur la durée.

3. Devenir un outil du débat public démocratique

Là se joue la capacité des médias citoyens à revenir aux fondements politiques du journalisme : participer à la construction de l' »intérêt général ».

Face au poids grandissant des spécialistes et autres « consultants », les médias citoyens s’efforcent d’apporter aux gens du peuple les conditions pour développer une parole construite, qui pèse le même poids que celle des experts patentés.

Les médias citoyens doivent aussi refuser que les journalistes assurent seuls le monopole de la production de l’information. Dans sa vie quotidienne, tout citoyen est à la fois producteur et récepteur d’informations de toute nature. Mais l’emprise des médias sur nos vies a fini par nous faire perdre cela de vue. Heureusement, l’usage d’Internet permet aujourd’hui de renouer avec cette idée. Attac le sait bien qui vit quotidiennement les effets bénéfiques de cette nouvelle culture de l’information.

Il s’agit, par exemple, de développer des pratiques de « co-production de l’information » avec des acteurs sociaux ou des groupes locaux, comme le font les sites Internet Place Publique et Médiasol : bien sûr, pour éviter le côté « café du commerce », il convient de former les personnes ainsi impliquées aux techniques d’écriture journalistiques, mais aussi à certaines règles déontologiques (refus de la diffamation, par exemple).
Les expériences coopératives menées par plusieurs médias – écrits ou Internet – à travers les « rédactions communes » sur des événements comme le Forum social mondial vont dans le même sens.

Enfin, annoncer systématiquement les conditions dans lesquelles tel article a été écrit contribuerait fortement à réduire l’opacité entre producteurs et consommateurs d’information.

Pour contribuer à produire véritablement du débat, les médias citoyens devraient s’inspirer des méthodologies de « construction de désaccords » ou des outils de démocratie participative. Là encore, la complémentarité des supports papier et Internet permet d’envisager la construction progressive d’un intérêt général sur un sujet donné…

Les pistes ci-dessus n’épuisent pas le champ ouvert aux médias citoyens pour transformer les conditions de production de l’information. Elles dessinent un cadre qui permet de penser, dans notre lutte pour créer d’autres mondes possibles, à l’invention d’autres médias possibles…

(1) La fabrication de l’information, La Découverte, 1999.

Philippe Merlant, rédacteur en chef de la revue Transversales Science Culture (membre fondateur d’Attac), coordonne la commission « économie sociale et solidaire, développement durable et solidarité internationale » d’Attac.

Il est aussi co-fondateur de Place Publique (le site Internet des initiatives citoyennes), qui a développé l’idée de « médias citoyens ». Cet article s’inspire également du travail sur les médias qu’a mèné la compagnie de théâtre-forum NAJE (Nous n’Abandonnerons Jamais l’Espoir) pour son spectacle de 2003 « Les messagers ».

Plus d’infos sur le site www.naje.asso.fr

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Au sujet de Philippe Merlant

Journaliste professionnel depuis 1975 (France Inter, L’Equipe, Libération, Autrement, L’Entreprise, L’Expansion, Tranversales Science Culture et aujourd’hui La Vie) et co-fondateur du site Internet Place publique, Philippe Merlant travaille depuis 1996 sur les conditions d’émergence d’une information « citoyenne ». Il a été le co-auteur ou le coordinateur de plusieurs livres collectifs, notamment : Histoire(s) d’innover (avec l’Anvar, Paris, InterEditions, 1992), Sortir de l’économisme (avec René Passet et Jacques Robin, Ivry-sur-Seine, Editions de l’Atelier, 2003) et Où va le mouvement altermondialisation ? (avec les revues Mouvements et Transversales, Paris, La Découverte, 2003).

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