A 27 ans, Maty Badiane souhaite émigrer à Dakar, au Sénégal, pour y créer la première agence évènementielle du pays. Elle n’y a jamais vécu puisqu’elle est née à Paris, contrairement à ses parents, Sénégalais de naissance. Maty n’est ni sans papiers, ni à la marge de la société française, bien au contraire. Portrait d’une femme d’affaires en herbe.

Maty Badiane, 27 ans, parisienne de naissance, sénégalaise de cœur. C’est avec un look soigné, les cheveux peignés et un petit sac fantaisie que Maty rencontre Sophie Emery, chargée de projet pour les retours à la Fafrad. C’est son troisième rendez-vous.

Elle souhaite se lancer dans la création d’une SARL dans le domaine de l’évènementiel : « C’est un secteur inexistant au Sénégal. Je souhaite créer la demande dans l’organisation de réceptions, de repas et de fêtes ». Le nom est déjà choisi. Ce sera Magic Events.

Et tout a bien été étudié et surtout calculé. Pour le transport, son oncle possède une entreprise de livraison et pourra lui faire une ristourne pour l’acheminement des nappes et de la vaisselle « made in France ». Pour le local, elle souhaite intégrer un quartier de classe moyenne où s’installent de nouvelles entreprises afin d’être proche de sa cible.

En parallèle, avec son mari et sans l’aide de la Fafrad, elle crée un salon de coiffure et de beauté à Dakar. « C’est au cas où ma première activité ne marcherait pas. Je connais bien les risques. Et puis je suis issue d’une famille de commerçants ».

La preuve qu’une maîtrise en commerce et management international peut toujours servir. Grâce à la France et malgré ses petits moyens, elle a pu faire des études. « Ici, la scolarité est quasiment gratuite, à l’inverse du Sénégal ». Elle ne rejette rien de la France et compte bien tirer profit de son expérience : « Toute ma vie passée à Paris va me servir pour le Sénégal. Le fait d’avoir travaillé en tant qu’assistante administrative pour une entreprise de produits de beauté, va me donner une certaine crédibilité. Car, même à Dakar, une femme chef d’entreprise, ça dérange », confie-t-elle. Pour ce prémunir d’un certain machisme, elle souhaite recruter un homme pour l’assister. Sûre d’elle, elle compte bien s’imposer. « Même si j’emploie mon cousin en tant que commercial, s’il n’est pas productif, il partira. Les affaires sont les affaires », affirme Maty.

Sa famille, restée au pays, l’encourage à revenir. Quant à ses amis français, ils ont tous été surpris par son désir d’émigrer. « Même mon mari, pourtant sénégalais, a eu du mal à le croire. Je l’ai connu lors de mes vacances au Sénégal. Et il est reparti avec moi ».

Mais Maty n’en démord pas : elle souhaite gagner en qualité de vie, surtout pour son fils âgé de deux ans et demi. « Il souffre d’asthme à Paris. Et puis, je souhaite partir pour l’élever à la Sénégalaise ». D’ailleurs, elle lui parle du pays depuis qu’il a trois semaines. « Quand il sera majeur, il choisira de repartir ou non en France. De toutes façons, j’ai tissé des liens très forts ici et je compte revenir régulièrement », précise-t-elle.

Maty vient de terminer son étude de marché et va déposer sa demande de bourse d’étude de faisabilité. Pressée de partir, elle espère quitter le territoire d’ici à deux ans.

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