arfade.jpg En proposant des chantiers d’insertion économique et sociale autour de la construction de bateaux, l’ARFADE, une association marseillaise, réussit à conjuguer démarche de qualité et rigueur professionnelle au plaisir de la découverte de la mer.

Les chantiers d’insertion professionnelle peuvent faire rêver. Le projet de l’Association Régionale pour la formation et l’Aide au Développement des Entreprises ( ARFADE) basée à Marseille est là pour le prouver. Proposer à de jeunes chômeurs, bénéficiaires du RMI ou sans qualification, de participer à la construction d’un bateau de A jusqu’à Z a quelque chose de stimulant.

L’idée n’a pas germé par hasard dans l’esprit de René Amoros. Ancien technicien des chantiers navals de la Ciotat et très impliqué dans le problèmes de formation au sein de son entreprise, il décide de créer l’ARFADE en 1990 pour favoriser l’insertion économique et sociale de jeunes en difficultés. Après différents projets, l’ARFADE organise à partir de 1999 des chantiers d’insertion professionnelle autour de la construction de bateaux dans le cadre d’un partenariat avec l’Ecole nationale de la Marine Marchande (ENMM) de Marseille.

Huit à douze salariés en CES ou en CEC, venus de tous horizons et de toutes cultures, travaillent trois, cinq ou six mois à temps plein encadrés par un chef de projet, un formateur et un charpentier de marine. La yole Massalia construite en 1999 et 2000 est la première réalisation de l’association et vaut à l’ARFADE le prix spécial du jury de « Défi jeunes marins ». Les stagiaires de l’époque sont très enthousiastes : « j’ai beaucoup appris et je me sens mieux dans mes pompes », dit Mérah. « J’adore le travail du bois », s’enthousiasme Said. « J’ai réalisé un rêve d’enfant, celui de participer à la construction d’un bateau, d’être membre d’équipage et de faire des régates » , avoue Patrick.

Insertion réussie

Suite à cette première réussite, l’ARFADE poursuit sur sa lancée : en 2001/2002, l’association construit deux « bettes de course » , « l’Atalante » et « la Belle de mai », récompensées par le deuxième prix de l’initiative au 3e Festival international de la ville à Créteil. Une chaloupe d’entraînement pour l’ENMM est actuellement en construction : 4 jeunes de moins de 25 ans sans qualification et 4 personnes au RMI y participent.

Les résultats de ces chantiers d’insertion sont très positifs : à leur issue, 60 à 85 % des participants trouvent un emploi ou rentrent en formation, « preuve de la reconnaissance d’une véritable démarche de qualité », souligne René Amoros.
Cette aventure maritime a de quoi séduire. Et pourtant, l’association doit affronter quelques difficultés. Bien que soutenue par de nombreux partenaires institutionnels (Conseil régional, Conseil général, Ville de Marseille…) et associatifs et inscrite dans des échanges européens, la vie de l’ARFADE repose essentiellement sur le travail de bénévoles convaincus. La structure ne dispose d’un salarié en charge de gérer l’administratif qu’au moment des chantiers. « Il nous faudrait absolument un ou deux permanents dont un chef de projet, reconnaît René Amoros. Nous bénéficions de subventions au moment des chantiers, mais pour inscrire notre action dans la durée, il nous faudrait des conventions pluriannuelles et non des subventions ponctuelles liées à une action ».

Ces difficultés n’entament pas l’enthousiasme d’une équipe de bénévoles «soucieuses d’aller toujours plus de l’avant ». L’association vient de lancer, en partenariat avec « l’Ecole de la deuxième chance » et un lycée de Marseille, un projet de découverte maritime pour les 16/ 25 ans. Au-delà de l’initiation aux sports nautiques, l’ARFADE souhaite faire découvrir aux participants les métiers en rapport avec la mer, leur apprendre le matelotage, développer leur esprit d’équipe.

Face à ce foisonnement d’initiatives, on ne peut cependant occulter la question de la pérennité et du financement de tels projets et des structures qui les portent : jusqu’où l’ardeur des militants peut-elle soutenir des actions reconnues d’utilité sociale ? Devront-ils sans cesse œuvrer dans des conditions périlleuses, incertains des lendemains et des subventions ?

Contact :

ARFADE, 2, rue Saint-Etienne, 13005 Marseille

Tél : 04 91 99 02 47 ou 06 12 82 40 34

Email : arfade@voila.fr

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